La session parlementaire n’était pas encore débutée que le gouvernement du Québec commençait à mettre cartes sur table au sujet de la session parlementaire d’automne.

Un enseignement de l’histoire à refondre et à bonifier

Le Parti Québécois, ainsi que le ministre de l’Éducation supérieure Pierre Duchesne et son homologue au primaire et secondaire Marie Malavoy vont proposer à l’assemblée nationale d’adopter une série de mesures qui vont viser à renforcer l’enseignement de l’histoire du Québec. Selon un communiqué de presse du Parti québécois, il devenait évident que ce projet était une étape à franchir, puisque la première ministre Pauline Marois avait insisté sur un tel projet lors de son discours du trône à l’automne dernier.

Au niveau primaire-secondaire, la tâche de se pencher sur la question sera confiée au sociologue Jacques Beauchemin ainsi qu’à la professeure d’histoire Nadia Fahmy-Eid. Ils auront comme mandat de consulter les intervenants du milieu de l’éducation primaire-secondaire pour trouver les moyens de faire une plus grande place à l’histoire à ce niveau.

Pour le niveau post-secondaire, le mandat sera attribué au comité sur la formation générale qui devra déposer un rapport au ministre Duchesne à la suite de consultations avec des représentants de la communauté collégiale afin de déterminer les règlements à modifier dans le cadre de la réforme. Les murmures qui circulent sur la colline parleraient de l’instauration d’un cours d’histoire obligatoire au collégial.

Un accueil positif mais fragile

« Je ne vois pas comment ils feraient de la place dans mon horaire pour ça, c’est ben le fun de comprendre l’histoire, mais j’ai déjà pas mal de cours par semaine et je ne vois pas la pertinence dans ma formation », affirmait une étudiante en sciences de la nature interrogée au Cégep Limoilou. Elle témoignait des réserves qui ne sont sûrement pas sans écho vis-à-vis un éventuel rajout de cours aux nombreux cours déjà obligatoires dans la formation de sciences pures. Alors que plusieurs élèves interrogés semblaient plutôt favorables à l’amélioration de l’enseignement de l’histoire au collégial, il était intéressant de voir un certain clivage entre ceux de sciences humaines et ceux de sciences pures.

Au niveau du corps professoral, Catherine Ouellette-Fortin, enseignante d’histoire au Cégep Limoilou, se dit satisfaite : « Je suis contente qu’on se penche sur cette problématique, l’enseignement de l’histoire c’est important ». Il reste donc à voir la pertinence de cette réforme dans un curriculum axé sur les sciences de la nature dans un contexte de charge de cours déjà très élevée et de cours que plusieurs élèves considèrent comme peu utiles, comme la philosophie.

Du côté de la société civile, malgré les murmures qui critiquent le parti Québécois de vouloir réviser l’histoire, on constate que cette réforme qui prendrait effet à la rentrée 2014 a déjà fait le plein d’appuis dans l’opinion publique. Ces appuis sont toujours conditionnels à une bonne exécution, ce qui fait en sorte que ces appuis ne sont donc pas acquis.