À la suite de la campagne « Stagiaires cassés » peu fructueuse de 2009-2010, les associations étudiantes départementales d’éducation relancent le débat de la compensation financière remise aux étudiants à la suite de chacun de leurs stages obligatoires. Une pétition mise en ligne sur le site de l’Assemblée nationale du Québec demande au gouvernement de prendre les mesures nécessaires pour pallier à la non rémunération des stagiaires en éducation. 

Férédéric Chrétien

Selon Caroline Aubry, présidente de la CADEUL, « la volonté d’obtenir une compensation financière provient des associations départementales d’éducation, mais est également portée par la CADEUL et soutenue par tout le caucus des associations. » Il est important de préciser qu’en 2009-2010, c’est la rémunération lors des stages, et non la compensation financière, qui était revendiquée.

Lors de leur parcours universitaire, les étudiants en éducation doivent prendre part à plusieurs stages obligatoires, et ce, bénévolement. Certains étudiants, questionnés sur ces stages, affirment qu’ils sont « exigeants » et « demandent beaucoup de temps ». Ce sont d’ailleurs les raisons principales pour lesquelles les associations étudiantes souhaitent la mise en place de cette compensation financière, en plus du caractère obligatoire de l’exercice et des coûts reliés aux stages.

Améliorer la situation financière des étudiants stagiaires

Audrey Bernard, étudiante au baccalauréat en enseignement au secondaire, affirme que « s’il faut en plus de tout cela consacrer 10 heures par semaine à un travail rémunéré, cela nous enlève 10 heures par semaine pour préparer nos cours, etc. Cela peut sembler peu, mais honnêtement, dans la vie d’un stagiaire, 10 heures par semaine c’est vraiment beaucoup de temps ». Les heures passées en stage sont en effet des heures de travail et d’étude sacrifiées durant lesquelles les étudiants, quelle que soit leur situation financière, peuvent contribuer à leur stress financier.

L’étudiante ajoute d’ailleurs : « Est-ce que j’aimerais recevoir un montant d’argent pendant mes stages ? Oui, certainement, ce serait beaucoup plus simple pour moi – ainsi que pour tous les stagiaires – afin de pouvoir me concentrer entièrement sur mon stage. » Les arguments mis de l’avant sont l’amélioration de la situation financière des étudiants et la reconnaissance de l’importance et la qualité du travail que les étudiants font.

Questionnée sur la réceptivité des établissements à offrir des stages avec compensation financière, Caroline Aubry indique que « la compensation financière souhaitée ne serait pas faite par les écoles, mais bien donnée sous forme de bourse par les universités et à la base, par le gouvernement ». La compensation n’aurait donc aucune répercussion sur le budget des institutions scolaires. Le gouvernement de concert avec les universités endosserait donc à lui seul toute l’opération.

La totalité des étudiants interrogés a confirmé leur appui à la CADEUL et aux autres associations départementales dans ce dossier.

Plus de 7000 appuis

Une pétition en appui à la démarche des associations étudiantes est d’ailleurs disponible sur le site web de l’Assemblée nationale. Dans le texte de cette pétition on peut y lire certains autres faits moins discutés: « Dans une enquête réalisée par Saine Marketing en 2007, les étudiants en éducation affirmaient consacrer 60,3 heures de leur temps par semaine à leur stage », que « d’après cette même enquête, les étudiants s’endettent de 2000 $ supplémentaires pendant leur stage, puisque la majorité d’entre eux ne peut maintenir un second emploi à temps partiel ».

Cette pétition s’inscrit dans le début des actions menées dans le but de convaincre les autorités en place aux revendications des associations étudiantes et des étudiants en éducation. Jusqu’à maintenant, 7 120 personnes ont signé cette pétition, qui a cours jusqu’au 8 février 2015.