Le chef d’Option Nationale (ON) Sol Zanetti était de passage à la brasserie artisanale La Korrigane, vendredi le 1er juillet dernier. Il n’y était pas pour parler de la fête nationale canadienne, mais bien pour y donner une conférence sur l’histoire politique québécoise. Son but : expliquer les grands mouvements gouvernementaux depuis 1960 et impliquer plus de jeunes à l’action citoyenne. Impact Campus l’a rencontré.

Q : Quel est l’objectif des soirées-conférences comme celle-ci?

R : On fait toujours dans la vulgarisation politique. Il faut diffuser de façon très populaire pour que les Québécois prennent acte du régime dans lequel nous sommes et de ce qu’ils pourraient faire pour rendre notre vie collective meilleure. Tout est dans le ton, la façon de présenter les choses simplement. On présente notamment une ligne du temps interactive ainsi que des vidéos historiques super intéressantes. On tient aussi à ce que ça se passe dans un pub. Les gens posent des questions et discutent entre eux. C’est une formule conviviale.

Q : L’action de rejoindre les jeunes est-elle une priorité que se donne votre parti ?

R : Absolument. On veut rejoindre les jeunes, plus que jamais. Je veux que mon groupe engendre cette jeunesse, même là où il y en a moins. Sauf que d’être jeune n’est pas une question d’âge, selon moi. La jeunesse, c’est de ne pas avoir peur du changement. Qu’on ait 15 ans ou 75 ans dans ce contexte, tous ceux qui s’impliquent et qui discutent avec nous font preuve de cette ouverture.

Q : Comment peut-on combattre le cynisme politique de la nouvelle génération de citoyens?

R : Le cynisme est une marque de lucidité. Pour en faire sortir quelqu’un, il faut présenter des projets emballants qui font du sens, car il existe toujours des motifs à cette exclusion. Quand on voit ce qu’a fait Bernie Sanders aux États-Unis, on comprend mieux. Quand quelqu’un ose dire des choses que les autres considèrent taboues, quand on explique des positions avant-gardistes qui changeront la société, avec le courage de les défendre au péril de sa crédibilité, on fait sortir les gens du cynisme. Le courage, la lucidité et la cohérence sont les antidotes principaux au statuquo. Quand on offre cela, il n’est plus un obstacle.

Q : Comment des étudiants, politisés ou non, devraient s’impliquer politiquement ?

R : On peut tous s’impliquer en devenant membre d’un parti. Quelqu’un qui exprime son désir de militer est rapidement mis en contact avec les personnes concernées. Chez ON, par exemple, nous offrons la formation politique à nos militants. Par la création des universités de partis, on livre des cours d’histoire sur les enjeux économiques et les relations internationales et politiques du Québec. Quelqu’un qui ne se considère pas politisé peut donc facilement le devenir.

Q : Diriez-vous que la jeunesse témoigne d’un bel avenir pour la politique d’ici?

R : Ça m’apparait évident. Je ne crois pas à l’idée d’une mauvaise cohorte de jeunes. Il y aura toujours des gens pour critiquer les jeunes. Le discours de manque de confiance envers les jeunes est en fait le même depuis fort longtemps. Personnellement, j’ai toujours eu confiance. Nous avons un système d’éducation, somme toute, assez performant au Québec et une population très éduquée. Imaginez si on lui donnait le pouvoir. Imaginez si on leur donnait la chance de vivre dans un système où l’action citoyenne donne quelque chose.