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Un appel d’offres public pour une étude d’opportunité concernant un troisième lien entre Québec et la Rive-Sud a été annoncé la semaine dernière. Selon l’experte en transport urbain, Marie-Hélène Vandersmissen, cette nouvelle étape est un recul dans le dossier du transport à Québec.

L’étude d’opportunité aura comme mandat « de déterminer les besoins en matière de déplacement ainsi que les meilleures interventions qui pourront être mises en place afin d’améliorer la fluidité sur le territoire de la grande région métropolitaine de Québec », explique le gouvernement du Québec dans son communiqué. L’étude devra être déposée à la fin de 2020, à la suite d’un investissement total d’un peu plus de 20 millions $.

Pour la professeure titulaire et directrice du département de géographie, cette étude pourrait permettre d’éclaircir le problème, pour « qu’on sache exactement l’état des choses et peut-être qu’on en finisse », mentionne-t-elle. Toutefois, elle se questionne sur la pertinence d’un tel investissement dans le dossier du troisième lien. « Pourquoi dépenser autant d’argent quand on regarde ce qui s’est fait ailleurs et qu’ajouter des infrastructures ne résoudra en rien les problèmes de congestion ? On sait déjà que ça va avoir des conséquences négatives sur l’environnement, simplement à cause de l’étalement urbain et des gaz à effet de serre qui viennent avec. »

« Les experts ont beau répété les mêmes choses, répéter les mêmes arguments, mais ce ne sont pas des arguments qui vont dans le sens du développement économique », constate Marie-Hélène Vandersmissen. Les investissements en transport en commun ne sont pas très payants d’un point de vue électoral, ajoute-t-elle.

Néanmoins, elle espère que l’étude sera transparente et qu’elle sera rendue publique complètement. Elle s’inquiète de voir certains politiciens impliqués dans le projet ouvertement en faveur du troisième lien.

Un meilleur réseau de transport en commun 

Considérant l’important étalement de la population à Québec, les autobus demeurent une solution efficace, qui doit être améliorée. « Le Métrobus est un exemple, mais il a besoin d’amélioration, car aux heures de pointe, il est à pleine capacité et ça devient désagréable. Il faut avoir plus de voies réservées et augmenter le nombre d’express », souligne la directrice du Département de géographie.

À l’intérieur des zones plus denses de Québec, la municipalité se doit d’investir dans une solution avec un haut niveau de service, affirme l’experte. Toutefois, elle indique « qu’il est irréaliste qu’un projet comme le SRB ou un tramway puissent desservir l’ensemble du territoire de la ville de Québec ».

Le transport en commun doit avoir un avantage concurrentiel sur la voiture. Marie-Hélène Vandersmissen soutient que l’efficacité d’un réseau de transport structurant est sa plus grande force. « S’il peut permettre aux personnes d’arriver plus rapidement au travail et avec une régularité qui ne dépend pas de la congestion », alors plusieurs citoyens opteraient pour de tels services, selon elle.

Pire à Québec ?

Pourquoi Québec semble être en retard sur les autres grandes villes lorsqu’il est question de transport en commun ? À cette question, l’experte en transport urbain estime qu’il faut remonter dans les années 60 et 70 pour comprendre les enjeux actuels.

« Je crois que le fait que la ville a été très bien desservie par les autoroutes dans les années 60-70, cela a favorisé un étalement urbain important et c’est devenu très difficile de desservir tout le monde avec un transport en commun », explique-t-elle. Par la suite, il y a eu quelques projets de réseaux de transport dans les années 90, mais la longue période d’inaction politique des dernières décennies explique bien la situation dans laquelle se trouve présentement la municipalité.

Par contre, elle estime que la population ne semble plus du tout convaincue d’un troisième lien, entre les deux rives. La dernière élection en a été la preuve.

 Lien Montréal-Québec

 Lors du dernier congrès du Parti libéral, Philippe Couillard a proposé la construction d’un lien rapide entre Québec et Montréal. Pour la professeure titulaire au département de géographie, le gouvernement libéral ne semble pas entendre les préoccupations des citoyens.

Elle rappelle que, lors des dernières élections municipales à Québec et à Montréal, les citoyens ont plutôt parlé de pouvoir mieux se déplacer à l’intérieur des villes. « On sent que c’est ça qui préoccupe les familles et non pas une liaison entre Montréal et Québec », relève-t-elle.

L’experte estime que ce n’est pas un problème qui touche une grande partie de la population et qu’il existe déjà plusieurs services efficaces qui effectuent la liaison entre les deux grandes villes québécoises.


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