Alexandre Clément, créateur du projet Pilule, un site alternatif au module de gestion des études Capsule, a trouvé un emploi dans le domaine du Web en partie grâce à son adaptation du site universitaire. Une deuxième version du site sera d’ailleurs disponible d’ici quelques jours.

David Rémillard

Il y a un an, devant l’insatisfac­tion d’un nombre important d’étudiants face à Capsule, site de gestion des études de l’Uni­versité Laval implanté en 2009 au coût de plusieurs millions de dollars, l’étudiant en études internationales avait décidé de «rendre service» à la com­munauté. Son projet, Pilule, re­prend les informations de Cap­sule dans une interface épurée, facilitant la navigation.

Un an plus tard, c’est à lui-même et à sa jeune carrière de développeur Web qu’Alexandre Clément a rendu service. «Je peux mettre ça sur mon cur­riculum vitae, c’est quand même une bonne opportu­nité», lance-t-il en entrevue à Impact Campus.

Il ne cache pas qu’il s’agit du fait saillant de son CV et du projet qui attire le plus l’atten­tion lorsqu’on étudie son port­folio. «Les gens sont curieux quand ils voient ça. C’est plus facile», admet-il.

Et pour cause, après avoir obtenu un premier contrat cet été, Alexandre Clément débu­tera un nouvel emploi comme développeur Web cet automne sans jamais avoir étudié dans le domaine.«C’est devenu mon activité principale».

Nouvelle version

Une mouture 2.0 de Pilule de­vrait apparaître d’ici quelques jours, confirme par ailleurs M. Clément. «L’interface a été re­faite et les horaires spéciaux y sont ajoutés», précise-t-il.

Le jeune créateur attend tout simplement d’avoir accès aux serveurs de l’Université Laval, lesquels hébergent désormais le projet.

Les codes sources du logiciel seront également disponibles pour les internautes, une sorte de gage de sécurité puisque chaque utilisateur pourra s’assurer du fonctionnement de Pilule.

Mal reçu

Quelques semaines après l’ar­rivée de Pilule en août 2011, la di­rection de l’Université Laval, via le Bureau de la sécurité des in­formations ( BSI ), avait contacté Alexandre Clément pour dis­cuter du site.

LE BSI s’inquiétait notamment des usurpations d’identité. On craignait alors que Pilule ne pouvait offrir la même sécurité de navigation qu’un site ap­prouvé par l’Université Laval. La situation a rapidement changé. L’UL a finalement approuvé le site et a permis l’hébergement de Pilule sur ses serveurs. En échange, Alexandre Clément a obtenu un contrat pour en­tretenir le site et effectuer les mises à jour. «L’Université a d’abord été froide. Maintenant ils sont plus enthousiastes», note M. Clément.

L’UL ne vantera toutefois pas les mérites du jeune étu­diant. «En fait, je pense qu’ils approuvent le projet mais n’en font pas la promotion», pré­cise-t-il. «On a compris qu’on était du même côté» et que tout était sécuritaire.

Crédit photo Une : Capture d’écran, Impact Campus