En réaction aux compressions budgétaires dans les services publics, plusieurs associations étudiantes de l’UL rejoignent le mouvement national, et iront manifester dans les rues de Québec et de Montréal les 3 et 5 novembre. Portrait d’un campus en pleine revendication.

Une dizaine d’associations étudiantes de l’Université Laval ont déjà déclenché une grève afin de participer à ces ralliements populaires, ce qui totalise plus de 5000 universitaires.

42 500 étudiants seront en grève le 5 novembre, selon l’ASSÉ.

L’association étudiante en sciences sociales (AÉSS) se pose dans cette même lignée du mouvement contre l’austérité en services sociaux. « Nous nous inscrivons dans la même lutte sociale que celle du Front Commun et des organismes communautaires », précise Alex Saulnier, coordonnatrice aux affaires pédagogiques du groupe.

Lorsque questionnée sur son mandat principal, cette dernière répond que le « rôle premier [de l’AÉSS] vise à coordonner le piquetage de la Faculté des sciences sociales les 3 et 5 novembre ». Tout le domaine est appelé à se joindre au mouvement, poursuit-elle, considérant qu’ « une grande partie des étudiants en sciences sociales se dirige vers un emploi dans le secteur public ».

Même si pour l’instant le droit de grève n’est autorisé que pour ces deux dates, « l’association a également un mandat pour déclencher une autre assemblée générale de grève s’il y a décret ou loi spéciale », conclut l’étudiante.

Autre son de cloche en histoire premier cycle, où la prise de position à l’égard du Front Commun sera statuée lors de la prochaine assemblée générale, début novembre. « À cette occasion, les membres de l’association seront invités à décider du plan d’action de leur regroupement à la cause », commente Nicolas Pelletier, coordonnateur général de l’association des étudiantes et étudiants en histoire (AÉÉH).

Toutefois, le groupe précise que plusieurs de ses positions antérieures vont dans le sens d’une mobilisation automnale. La participation de l’association à « la manifestation nationale du 31 octobre dernier ou du printemps 2015, entre le 23 mars et le 12 avril » laisse présager un support au mouvement.

Pour Christian Cloutier, président d’ARTEFACT, l’association des étudiants en sciences historiques des 2e et 3e cycles,  les associations étudiantes réussiront, par leur union, à exercer une pression et à obtenir les droits revendiqués. « Il y a un souci de cohérence entre associations, nous ne présentons pas un grand poids si nous sommes isolés. C’est en œuvrant à mobiliser les gens que nous nous faisons entendre ».

Le président insiste sur le concept de mandat, que l’on confond selon lui trop souvent à celui de grève. « Même sans entrer en grève, nous avons pour mandat d’inviter nos membres à des conférences, des formations, des manifestations, à en discuter, à se mobiliser », explique-t-il.

Manifestations à Québec et Montréal

Un premier événement d’envergure aura lieu le 3 novembre, sur le campus de l’Université Laval. Convoqué par le mouvement SOS Université, le rassemblement « Université en péril » regroupera près d’une centaine d’étudiants. L’objectif est de « dénoncer les vagues successives de coupes budgétaires qui, depuis le milieu des années 90, érodent la qualité de la formation, tuent le dynamisme de la recherche et affectent les services universitaires », détaille Chantal Leclerc, porte-parole de l’organisation.

Appuyée par une pétition de quelque 4000 signatures, la manifestation s’amorcera en matinée près du pavillon Vachon et s’échelonnera sur tout le campus. On compte notamment sur la présence et l’implication de quelques personnalités politiques et d’artistes d’ici.  Françoise David, de Québec Solidaire, et Alexandre Cloutier, du Parti québécois, se sont engagés « à transmettre la pétition à l’Assemblée nationale le jour même », ajoute Mme Leclerc.

Deux jours plus tard, un second rassemblement prendra d’assaut les rues de Montréal. Organisée par l’Association pour une solidarité syndicale étudiante (ASSÉ), la manifestation nationale du 5 novembre mobilisera près de 40 000 étudiants de partout dans la province. Une fois de plus, les manifestants s’uniront pour revendiquer un « réinvestissement massif dans les services publics », exprime l’ASSÉ.

La suite des choses

Dans les prochains jours, plusieurs étudiants seront appelés à se prononcer sur le déclenchement d’une grève et sur la participation au mouvement collectif. Parmi les plus grandes facultés qui ne se sont toujours pas positionnées, on note l’Association des étudiants et étudiantes en biologie (AEEBUL) et l’Association du baccalauréat aux études internationales et langues modernes (ABEILL), qui comptent toutes deux près de 400 membres.

Au collégial, c’est tout un campus qui devra se pencher sur la question, le 4 novembre prochain, alors que le Cégep Limoilou et ses 3500 membres devront trancher à leur tour.

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