Cela va de soi, il est très difficile de faire abstraction de l’horreur qui a été vécue par la planète entière ce matin , et plus particulièrement par les quelques 3000 victimes de l’attentat. Mais une fois l’émotivité mise de côté, l’évènement à lui seul est fascinant.

Sans le savoir, nous assistions probablement au dernier grand évènement presqu’exclusivement médiatisé par la télévision. À ce moment , on pourrait même oser dire à l’époque, le petit écran était le moyen le plus rapide afin d’avoir accès aux images qui allaient marquer le monde à jamais. Pas de site Web d’information suffisamment développé pour rivaliser avec la télé et les réseaux sociaux en guise de bouche à oreille. C’était réellement sa dernière heure de gloire, et quelle heure de gloire, l’évènement le plus marquant depuis le début du siècle.

Imaginez aujourd’hui en 2011 ce que ce serait. Twitter (né en 2006) et Facebook (né en 2004), auraient littéralement explosés. Les sites d’information auraient publié en temps réel des informations grâce au Web. Des cartes interactives auraient été mises en place. Les trajectoires des avions avec des données statistiques auraient suivies. La télévision à elle seule n’aurait pas suffit.
Imaginez un seul instant ce que s’aurait été si les victimes à bord des avions avaient tweeté la tragédie en direct. S’aurait été monstrueux, mais nous aurions su plus, plus vite. Le 11 septembre ne se résumerait pas aux images des avions fonçant sur les deux tours.

Seulement ce dimanche le 11 septembre 2011, 3 millions de tweets contenant des termes en lien avec la tragédie du World Trade Center ont été écrits par les utilisateurs. Ajoutez à cela les vidéos hommages sur Youtube, les statuts Facebook et les dossiers spéciaux dans les médias de tous types confondus, vous obtenez plus d’information sur l’évènement que la journée même de la tragédie.

Encore aujourd’hui, les informations concernant le 11 septembre nous arrivent au compte-goutte. Les informations vitales ne sont arrivées que plus tard, dans les jours, les semaines et les mois qui ont suivis.

Avec les moyens technologiques que nous possédons dix ans plus tard, nous aurions certainement pu mieux nous expliquer ces attentats, mais surtout mieux les expliquer à nos jeunes, qui, devant des scènes de film, ne comprenaient pas l’énormité de ce qui venait de se produire.