De nombreux étudiants se soucient peu de la politique municipale. Ils ne réalisent probablement pas que la personne qui est élue dans leur district a au final un grand impact sur leur vie. C’est pourquoi Impact Campus a rencontré Paul Shoiry, nouveau conseiller municipal dans le district de Saint-Louis-Sillery, district qui englobe l’Université Laval.

Le nouveau conseiller n’est en fait pas du tout nouveau. En effet, M. Shoiry était maire de Sillery jusqu’aux fusions municipales. Il a également déjà représenté les électeurs du secteur de l’Université à l’hôtel de ville de la Ville fusionnée de Québec. M. Shoiry a également été président du RTC. Il est donc un habitué des enjeux touchant les étudiants.

«L’université a une place importante on est au coeur du district et de l’arrondissement», commence-t-il d’emblée, «je pense que le campus est bien intégré dans le district, mais en même temps quand on parle d’intégration l’on ne sent pas qu’il fait partie de la vie du district et que le district fait partie de la vie du campus». Sans non plus oublier qu’il y a beaucoup de citoyens et de citoyennes du district qui sont des diplômés de l’Université Laval.

Selon M. Shoiry, un élément qui permet de lier le campus avec le district est le club de football Rouge et Or qui est «un élément extrêmement important qui a permis aux citoyens de Québec de s’investir dans l’Université et de supporter une équipe de sport qui fait maintenant partie intégrante de l’histoire de l’Université Laval».

L’ouverture du campus sur la ville passe, pour M. Shoiry, par le secteur commercial de Myrand. «Il y a du travail à faire pour faciliter l’accès depuis l’Université, je ne trouve pas ça simple d’aller sur Myrand. Les commerçants aimeraient qu’il y ait un lien plus direct avec l’Université. Là aussi la ville a un rôle à jouer».

L’université rajeunit l’électorat du district, mais les jeunes ont aussi un rôle important dans la vie du district pense M. Shoiry: «Le logement est une préoccupation tant de l’Université que des étudiants. L’enjeu du logement abordable pour les étudiants est extrêmement important et je pense qu’il y a énormément de travail à faire de ce côté-là et moi je pense que j’ai un rôle à jouer là-dedans».

On a également à se pencher sur comment fournir des logements abordables aux étudiants de l’Université Laval; «Oui il y a des projets sur le campus, mais je pense qu’il y a des besoins hors du campus», estime M. Shoiry en parlant du projet de nouvelles résidences. «J’ai rencontré beaucoup d’étudiants en campagne et je crois qu’il y a beaucoup à faire de ce côté-là afin que les étudiants aient accès à du logement abordable autour du campus».

En tant qu’ancien président du RTC, M. Shoiry sait que le transport en commun est un enjeu majeur pour les étudiants. «Je pense que l’on doit continuer à développer le transport en commun avec l’Université Laval qui est un pôle d’accès important de la ville», affirme-t-il. «Les nouvelles voies réservées pour accéder au campus c’était dans le plan stratégique lorsque j’étais président du RTC et je suis très content que ça ce soit réalisé. Je pense que c’est une très bonne chose et un exemple de ce qu’on doit faire pour continuer à améliorer le transport en commun.

Ainsi, malgré les nombreux obstacles en vue, le projet de laissez-passer universel est important pour M, Shoiry. «La première chose à faire c’est de voir s’il y a une volonté de la part de l’Université, de la Ville et du RTC. Le dossier c’est de financer ça parce que si du jour au lendemain il y a des milliers d’étudiants qui veulent prendre l’autobus, c’est une excellente chose en soi, mais il faut être capable de livrer la marchandise».

L’accessibilité au campus en vélo est également un enjeu majeur du district. Le conseiller Shoiry affirme que la ville manque toujours d’un lien entre la ville et Sainte-Foy. «Moi je pense que ce qui a été fait sur Père-Marquette c’est une piste de loisir. Ce n’est pas la piste que l’on veut depuis des années et qui serait utilitaire. À mon avis, l’on a besoin d’un lien entre la porte d’entrée de la ville et le quartier Saint-Roch en passant par le centre-ville. On a besoin d’une vraie piste cyclable utilitaire qui sera utilisée par tout le monde et pour ça il y a une demande et un besoin.

La construction d’une piste cyclable, «c’est faisable sans qu’il n’y ait confrontation entre les automobiles et les cyclistes», explique M. Shoiry, «mais plutôt que de regarder ce qu’on va perdre, je pense qu’il faut regarder ce qu’on va gagner comme ville, comme communauté et moi je pense que l’on doit miser sur les moyens de transport alternatifs, sinon notre ville va rester sclérosée».

Il y a toutefois du travail à faire pour qu’on sente cette intégration que plusieurs souhaitent. L’Université doit continuer à s’ouvrir sur la ville et la ville à s’ouvrir sur l’Université. Il y a cependant beaucoup de travail à faire afin que cela devienne une réalité et c’est à cette tâche que M. Shoiry s’attaquera dans les prochaines années.