Dans le cadre de la Journée nationale pour le climat, le 16 novembre dernier, environ 250 citoyens se sont rassemblés sur la Colline parlementaire au nom du mouvement Stop-Oléoduc pour ériger un mur symbolique contre le projet de pipeline Transcanada Est.

L’événement, qui avait lieu dans environ 120 villes du Canada, visait à dénoncer les pratiques du gouvernement fédéral et provincial et de la société TransCanada envers les citoyens, concernant les enjeux de développement de l’énergie fossile au Canada au détriment de l’engagement québécois envers le Protocole de Kyoto, ainsi que le manque de vision à long terme concernant la sécurité. TransCanada projette de faire passer un pipeline du gisement Bakken entre le Manitoba et la Saskatchewan jusqu’au Nouveau Brunswick, en longeant le fleuve St-Laurent jusqu’au niveau de Québec, où le pipeline passera sous le lit du fleuve. Ce projet fait partie du plan d’exportation du pétrole canadien non-conventionnel des sables bitumineux jusqu’aux États-Unis (Keystone XL) et ailleurs dans le monde. L’autre compagnie pétrolière impliquée est Enbridge, qui veut inverser le flux de son oléoduc 9B (Montréal- Westover en Ontario), passant par Montréal.

Deux propriétaires terriens étaient présents à la manifestation de samedi : Guillaume Lord de St-Jean-Chrysostome et Denis Allaire de St-Raphaël-de-Bellechasse. Ils déclaraient que les propriétaires comme eux sont isolés et manquent d’information. M. Lord a lui-même refusé la compensation monétaire de 1000$ proposée par Transcanada pour faire des prélèvements et des évaluations sur son érablièreet s’est joint au mouvement Stop-Oléoduc pour s’y opposer. «Avec le pipeline d’Ultramar qui passe déjà ici, ça ferait le deuxième qui passerait sur nos terres», déclare M. Lord. M. Allaire, quant à lui, pense que les compensations financières proposées ne sont pas significatives compte tenu de la valeur économique du projet.

Stop-Oléoduc (stopoleoduc.org) est le nom commun de tous les comités de citoyens qui se rassemblent depuis le mois d’octobre pour s’informer et s’opposer à l’implantation du pipeline le long du fleuve St-Laurent. Le comité de Portneuf/St-Augustin et celui de Kamouraska rassemblent chacun 200 citoyens et propriétaires terriens mobilisés depuis environ un mois.