Saviez-vous qu’il existe une fromagerie sur le campus universitaire? Oui, vous le savez parce que vous avez lu d’un couvert à l’autre la dernière édition d’Impact Campus. En gagnant la première place à La Ruche Académie, la Fromagerie du Campus s’est taillé une bonne tranche de visibité qui fond dans la bouche de ceux et celles qui y travaillent.

Peut-être vous êtes-vous dit: « Tiens, c’est nouveau ça! » Détrompez-vous, elle fête cette année ses sept ans! On devrait même voir apparaître un fromage à l’effigie du Rouge et Or, disponible sur le campus. Un projet audacieux qui prenait sûrement au départ des allures de gruyère, mais qui se rapproche de plus en plus d’une pâte ferme.

Le but premier de la Fromagerie du Campus est l’application concrète et pratique des connaissances acquises dans le baccalauréat en science et technologie des aliments (STA). Sans ce projet, on doit attendre à la quatrième année pour mettre enfin la main à la pâte. « Certains cours du baccalauréat m’apparaissent plus faciles », rapporte Tamara Truchon, qui succède à Julien Chamberland à la direction de la Fromagerie du Campus et s’occupe également des communications.

Bien qu’elle soit ouverte à tous, chaque étudiant voulant participer à la Fromagerie du Campus doit écrire une lettre de motivation puisque les places sont limitées. Les participants sont épaulés par le professeur Steve Labrie qui joue un rôle de mentor. Il faut également mentionner Xavier-Samuel Boudrias qui gère tout le côté entreprenarial de la Fromagerie. C’est lui qui s’occupe du recrutement et des horaires. Il souhaiterait d’ailleurs que des étudiants appartenant à d’autres domaines se joignent à eux pour faire évoluer le tout. Par exemple, des gens en marketing seraient fort utiles pour diriger une campagne publicitaire pour l’éventuel fromage Rouge et Or.

En plus du classique cheddar en grain, la Fromagerie du Campus produit également du fromage de chèvre, du Mozzarella, de l’Émmental, du Camembert, des tortillons, du Ricotta et on apprend que le Feta est à venir. Pour l’instant, les productions de fromage ne sont pas vendues sur le campus parce qu’il est nécessaire d’obtenir d’abord un permis du MAPAQ (Ministère de l’Agriculture, des Pêcheries et de l’Alimentation du Québec). Bien que la demande ait été faite, le processus est long, au grand dam des organisateurs. L’obtention du permis permettra beaucoup de changements, comme les demandes de financement, notamment pour une nouvelle emballeuse qui apporterait aux productions une efficacité nouvelle.

Les effets positifs amenés par le travail à la Fromagerie du Campus sont nombreux pour les étudiants en STA , soutiennent Tamara Cruchon et Xavier-Samuel Boudrias. C’est un laboratoire où ils appliquent concrètement ce qu’ils apprennent dans leur bac. Le fait de participer donne aussi un fort sentiment d’appartenance, arme contre le décrochage. De plus, le partage des connaissances coule de source.

Faire partie de la Fromagerie du Campus, c’est aussi s’initier au secteur laitier, qui possède un excellent taux de placement ces dernières années. Il faut savoir que les fromageries manquent de personnel qualifié dans leurs entreprises et que c’est une école toute indiquée pour apprendre le métier. De plus, l’expansion de la Fromagerie va promouvoir la faculté ainsi que le programme lui-même dans les années à venir. De par sa taille, elle ne menace par les fromageries existantes et ses coûts sont minimes. Par exemple, étant donné que la production a lieu à l’Université Laval même, les coûts en eau et en électricité sont nuls.

Bien sûr, ils goûtent leurs créations et cela fait partie du plaisir. Ils souhaitent demeurer un organisme sans buts lucratifs. L’accent est davantage mis sur le partage des connaissances, l’application concrète des notions vues en classe, et la recherche en laboratoire. Pour ce qui est du fameux fromage Rouge et Or, il se peut que se soit le fromage lui-même qui ait cette couleur, mais des tests sont à faire pour la faisabilité. De toute façon, la première étape pour que la Fromagerie du Campus puisse voler de ses propres ailes, c’est l’obtention du permis du MAPAQ. Avec leur récent prix à la Ruche Académie et leur fort taux de participation étudiante, on peut dire que c’est un projet qui vieillit bien.