« Les Chevaliers de l'Inconnu a été vraiment dégueulasse. Les textes qui parlent de battre des femmes, rire des gays, ceci n'a pas sa place dans la société et surtout pas à l'université », avait-il écrit sur la page Facebook de la CADEUL après l’événement, ajoutant qu’il n’était pas le seul à avoir été choqué par des paroles du groupe. 

L’étudiant avait aussitôt demandé des excuses à l’association de premier cycle représentant près de 30 000 étudiants. Trois semaines plus tard, on ne lui a toujours pas répondu. « Je veux juste qu’ils s'excusent afin de dire que la CADEUL n'accepte pas ce genre de langage et de comportements », a-t-il réaffirmé lorsque rejoint par courriel vendredi.

Du côté de la CADEUL, une plainte Facebook manque de sérieux. « L’étudiant n’est jamais venu nous voir en personne », a fait savoir Marilène Dumouchel, vice-présidente aux affaires internes. « S’il vient nous voir, on pourra en discuter », a-t-elle ajouté, précisant qu’une seule plainte informelle n’était pas suffisante pour présenter des excuses.

Show de dernière minute

Mme Dumouchel avoue cependant que le groupe était une solution de dernière minute. « Il nous fallait un groupe pas cher qui pourrait attirer beaucoup de monde », a-t-il expliqué. Les membres des Chevaliers de l’Inconnu ont en effet étudié à l’Université Laval. La CADEUL espérait miser sur cet aspect pour attirer une foule.  

L’un des membres de groupe est même le concepteur des vidéos d’information publié par la CADEUL. Cette situation aurait probablement encouragé l’embauche du groupe, d’autant plus que le budget était très restreint. « Nous leur avons donné que l’argent pour payer leurs musiciens », a souligné Mme Dumouchel. 

Faire la part des choses

Quant au collectif Les Chevaliers de l’Inconnu, ce n’était pas dans leur intention de choquer qui que ce soit. Selon François Larivière, membre du groupe, il faut faire la part des choses et comprendre qu’en aucun cas ils n’encouragent la violence, mais ils la dénoncent. «En aucun moment nous encourageons la violence faite aux femmes », a-t-il expliqué. « Nous évoquons une situation réelle, des gens saouls veulent juste se battre, quand ils sont seuls avec leurs femmes, c'est elles qu'ils frappent », a-t-il ajouté.

François Larivière compare la musique au théâtre, où la vulgarité, la violence et les situations « trash » sont monnaie courante sans que personne ne s’y oppose. « On se fait reprocher d'avoir trop sacré. Pourtant je doute fort que si du jour au lendemain, une pièce de Michel Tremblay serait présentée à l'université, cela soulèverait l'ire des mécontents », a-t-il conclut.

Crédit photo : Bruno Lemelin