Le film a pris l’affiche dans une quinzaine de salles au Québec le 8 octobre dernier et est en représentation au Clap depuis deux fins de semaine. «Notre plus grosse lacune au box-office, ce n’est pas la qualité du film, c’est le marketing», avoue Dany Papineau, qui a travaillé pendant huit ans à la production de son premier long-métrage. «Tu peux avoir fait le meilleur film au monde, si les gens ne savent pas que ton film existe, ils vont aller voir autre chose.»

Pour pallier au problème, il a mis en ligne sur son site Web les 12 premières minutes de 2 Frogs dans l’Ouest. Le film débute avec une chicane entre Marie et ses parents. Ces derniers ne comprenant pas pourquoi leur fille veut renoncer à ses études pour aller apprendre l’anglais dans l’Ouest canadien. Décidée, Marie prend son sac à dos et part faire la traversée du pays. Elle se retrouve seule, avec peu d’argent et un anglais boiteux, mais elle parvient à se rendre au pied des montagnes. Déjà, le goût de la liberté et la beauté des paysages séduisent les âmes voyageuses.  

«J’espère que ça va inspirer le monde parce que le message du film, c’est la découverte de soi à travers le voyage», commente Dany Papineau, qui tient également le rôle dans son film d’un Québécois qui vit dans l’Ouest depuis dix ans. Cette histoire, c’est un peu la sienne. Il a passé plusieurs années de sa vie à l’autre bout du pays à travailler sur les ranchs et les montagnes, mais aussi à jouer sur des plateaux de tournage à Vancouver. Pour lui, le fait que le rôle principal soit campé par une fille donne plus de fragilité au personnage.

Certaines critiques ont émis le commentaire que 2 Frogs dans l’Ouest aborde trop de clichés de la jeunesse à la recherche de son identité: le sexe, la drogue, l’alcool, etc. «C’est ça la réalité, la vraie façon que ça se passe», répond le réalisateur. «S’ils appellent ça des clichés, tant pis pour eux, mais pour moi ça a été l’approche de mon film.» Le scénario est en effet inspiré de vraies expériences vécues par lui ou par ses proches. «Je trouve ça déplorable parce que ces critiques-là n’ont probablement jamais connu ce genre de trip», ajoute le réalisateur.  

Ceux qui ont la piqûre du voyage se reconnaîtront dans le film et auront envie de tout lâcher l’espace d’un instant. «Pourvu que ça ne parte pas une vague majeure de décrochage, comme c’est arrivé avec le livre On the Road de Jack Kerouac», plaisante Dany Papineau.