Un savant mélange de provocation, de sensualité brûlante et de verve a empli la salle Louis-Fréchette. L’atypique prestation allait de paire avec la présence de certains spectateurs sur la scène et celle des danseurs se frayant un chemin au sein du public via une rampe, rompant les frontières entre les deux univers, invitant à la fusion du réel au chimérique. Le langage employé est universel : la poétique de la chair. Véritable art du vivant ayant pour toile des corps ruisselants de vénusté, éclatants de force, les danseurs étaient en complète maîtrise de leurs âmes, exécutant chacun des mouvements avec la précision que seul le cœur connaît.

Cette sublime suite de tableaux, cet enchaînement naturel, organique, faisant naître de profonds questionnements et en provoquant intellectuellement, comporte aussi son lot de rebondissements. Savamment introduites, des critiques politiques ont fait sourire l’audience.

Résolument moderne, l’œuvre est une création multidisciplinaire. La présence d’écrans sur scène permet de mieux capter les expressions faciales des interprètes et une myriade de micros suspendus captent le moindre son produit par ces derniers. Omniprésente, une dualité oscillant entre aimer et violer déclenche une ambiguïté auprès de l’observateur.

Le nombre d’or (live) est d’une étrange beauté, incomplète, une sorte de quête… Serait-ce celle d’une clé explicative du monde, de la beauté justement ?  Certaines pistes reposent dans la mystique tandis que d’autres plongent le chercheur dans la voie du scientifique. À vous d’élire la proportion du corps humain qui vous semble juste une fois associé au vaste domaine des arts.