Une professeure en création littéraire à l’Université Laval, Anne Peyrouse, vient de lancer un recueil réunissant poésie, danse et photographie : Grand jeté d’encre. Ce livre est le résultat de trois années d’immersion de l’auteure dans un monde qui la passionne, celui de la danse.

L’idée d’écrire sur le monde de la danse est venue à l’enseignante il y a quelques années, alors que sa fille débutait des cours dans le milieu. Comme la porte de la salle de classe était fermée aux parents, Mme Peyrouse attendait dans le couloir. De sa place sur son banc de bois, elle entendait une chorégraphe autoritaire faire répéter ses danseurs. Cela l’a poussée à écrire sur le sujet. Chaque répétition, elle reprenait sa place et se mettait au travail.

Elle a ensuite décidé de pousser sa démarche plus loin, en contactant des chorégraphes pour pouvoir assister à leurs pratiques, ce qu’elle a fait pendant trois ans. « J’ai suivi beaucoup de spectacles jusqu’à la première représentation. J’ai vu comment ça se construisait, comment ils travaillaient et, surtout, comment ils répétaient, répétaient et répétaient. C’est incroyable le nombre de répétions pour des danseurs », raconte Mme Peyrouse.

Des subventions du Conseil des arts et des lettres du Canada lui ont également permis d’assister à pratiquement tous les spectacles de danse offerts à Québec pendant un an. Elle a aussi travaillé avec des chorégraphes comme Ginette Laurin, Karine Ledoyen et Daniel Bélanger.

Démystifier la beauté de la danse

Le livre regroupe différents poèmes en prose, tous reliés à la danse. Par ses écrits, l’auteure souhaite démystifier le monde de la danse. Elle exploite donc plusieurs thématiques, en commençant par une introduction à cette passion. Puis, elle présente ce que cette discipline apporte à l’humain, la relation du danseur par rapport au corps et à l’âme. Selon elle, la danse pourrait aider à oublier certaines horreurs du monde, ce qu’elle veut faire ressortir dans ces pages.

L’enseignante souligne aussi les blessures, la souffrance et cette « force incroyable » qu’ont les danseurs à se relever et à travailler malgré la douleur. « Je me souviens d’une danseuse qui s’était cassée les deux petits orteils. Elle a mis un bandage et elle a continué à danser », raconte-t-elle.

Un livre et un spectacle

Les photographies de Charline Clavier illustrant le livre ont toutes été prises lors du spectacle Grand jeté d’encre qui a été présenté plus tôt cette année à la Maison de la littérature dans le cadre du mois de la poésie. Dans ce parcours de danse déambulatoire, des poèmes d’Anne Peyrouse étaient lus par-dessus la musique, guidant les gestes des artistes. Ces textes représentent d’ailleurs la moitié du livre. «J’ai essayé de jouer avec le mouvement et la gestuelle sur le papier, pour suivre un peu la danse. Je retravaillais les mots par rapport aux gestes des danseurs», raconte la professeure.

En plus d’enseigner à l’UL depuis plusieurs années, Mme Peyrouse y a réalisé toutes ses études, jusqu’à la fin de son doctorat en poésie. Elle travaille maintenant sur un projet de roman à paraître au début de l’année 2017. Il s’agit d’une première pour cette auteure qui écrit principalement de la poésie et de la nouvelle, ayant publié nombre de recueils au cours des dernières années.

Le livre Grand jeté d’encre est paru depuis le 4 octobre aux éditions Cornac.