Musiciens aux talents bruts, ses quatre comparses et lui, après un retard marqué, ont offert à leur public une performance courte, mais non moins efficace. Pour cette soirée intime, une scénographie aussi épurée que la couverture de l’album, rappelant les livres des Éditions de Minuit, était orchestrée avec soin.

Alignant sans interlude presque toutes les pièces cinématiques de son nouvel ouvrage, desquelles «PaPaDaPa!», «Les belles choses» et «Quand on s’emmêle des fois dans l’herbe», Hudon a su créer en peu de temps un climax de cabaret.

À la manière de Yann Perreau et de Sufjan Stevens, les musiques d’Hudon côtoient en direct un genre néo-folk-pop très surprenant avec entre autres des notes bien ficelées et une rythmique originale. Sa prose impressionniste sur «Porcelaine» s’imagine plus facilement sur scène que dans la mini-chaîne lorsqu’il entame : «Si ton cœur est en porcelaine/je le casserai à grands coups de marteau/pour que plus jamais tu n’aimes/pour qu’après moi, il n’y ait personne d’autre».

Sur les planches, Carl-Éric Hudon développe une chimie insoluble, voire une osmose, avec ses musiciens. Or, les membres ont quitté la scène froidement faute d’ambiance dans l’assistance après seulement une heure de musique. Un moment décevant et incorrigible pour un artiste qui tente de faire sa marque sur la scène québécoise.