Après la pluie, le beau temps. C’est un peu beaucoup l’impression que laisse l’écoute de la plus récente oeuvre de Daniel Boucher. Une sérénité qui peut même paraître surprenante, au premier abord. Le principal intéressé explique cependant les choses un peu différemment. «Ce que j’ai voulu dire c’est qu’à chaque fois que je vis une chose, belle ou pas, il y a moyen d’en tirer de la lumière, précise-t-il. Moi je dirais plus que j’ai fait de la place pour autre chose dans ma vie».

Sans parler d’une nouvelle vie, force est d’admettre que ses priorités ont changé. «J’ai décidé d’avoir un enfant. Il n’y a rien qui se compare à ça», assure l’auteur-compositeur-interprète. Cette découverte de la paternité est une source d’inspiration particulièrement sentie puisqu’elle transcende l’ensemble de l’album. «Il n’y a rien de mieux que le regard de ton fils. Tu le vois grandir tous les jours. C’est ma merveille!», lance le jeune père, comme s’il prenait conscience de cet amour inconditionnel.

Celui qui a connu un impressionnant succès populaire dès le début de sa carrière relativise maintenant les choses. La reconnaissance du public, il l’apprécie toujours autant, mais elle est moins grisante qu’avant. «Au début, ça fait partie de la récompense, c’est humain ça. Faut juste pas que ce soit le seul objectif», soutient un Daniel Boucher qui assure être devenu plus calme, plus sûr de lui. «Je ressens moins le besoin de japper. Je sens que je suis capable de parler aussi fort qu’avant, mais sans japper. J’ai moins besoin de m’entendre», atteste-t-il avec philosophie.

Son habileté à «jongler» avec les mots est, une fois de plus, marquante dans les textes qu’il propose. Ce que certains qualifient de «danielbouchisme» représente, pour lui, un langage populaire qu’il trouve autour de nous . «Dans la rue, il y a toute une banque de mots supplémentaires dont on ne se sert pas assez, déplore-t-il. Être gênés de les dire, c’est être gênés de nous autres», conclut cet artiste.