À l’ombre du manguier de Geneviève Lemay est une rencontre avec la culture africaine. Le nouveau roman paru aux éditions Guy Saint-Jean fait partie de la collection «Parfums d’ailleurs», qui vise à présenter aux Québécois des ouvrages dans lesquels des auteurs d’ici partagent leurs expériences avec des cultures étrangères. C’est le portrait de la Guinée que l’on trace dans ce roman.

Aïssetou Youla, Wallid Syla et Fatima Soumah habitent tous le petit village côtier de Madinagbe.

Aïssetou est la seule fille du village qui a pu poursuivre ses études jusqu’à l’âge de 16 ans. Elle rêve de devenir enseignante dans la grande ville, mais cela accompli, elle découvre vite que ce n’est pas tout à fait la vie qu’elle souhaite. Elle se met alors en quête d’un mari.

Wallid est le plus jeune frère d’une famille affligée par la rumeur d’une malédiction. Il quitte ce lieu dans le but de rejoindre son oncle, à Labé, qui pourra lui offrir un travail intéressant. Là-bas, il se lie d’amitié avec un Blanc.

Fatima est encore une enfant lorsqu’elle tombe enceinte par malheur. La morsure d’un serpent la délivre du supplice de devenir fille-mère et lui ouvre les portes d’un monde spirituel, celui des marabouts, guérisseurs mystiques.

L’auteure s’inspire du style des contes africains pour tisser une trame narrative qui fera se croiser et s’unir trois destinées. Les protagonistes ne sont que des adolescents coincés entre la tradition et la modernité lorsque l’histoire s’amorce. Pleins d’ambition, ils cherchent chacun leur voie dans l’espérance d’améliorer leur sort. Ils font face au doute, se heurtent à des mondes peu connus et se retrouvent en marge de la société dans laquelle ils évoluent. C’est en puisant dans la sagesse de leurs aînés qu’ils acquièrent compréhension et courage pour affronter leur vie d’adulte et surmonter les épreuves qu’ils doivent affronter.

Pour être certain d’apprécier ce roman, peut-être est-il préférable d’être initié et de savoir savourer le genre du conte africain, sans quoi, la lecture pourrait ne pas satisfaire aux attentes. Un lecteur non avisé pourrait opiner que les personnages manquent de profondeur, que le narrateur omniscient s’infiltre trop dans les subjectivités des personnages et qu’on y fait trop la morale. Bref, sans doute y trouverait-il un manque de subtilité.

Quant au contenu, il offre incontestablement une rencontre intéressante avec le peuple guinéen. Quelques détails et citations sont maladroitement insérés dans le récit. Malgré tout, ceux qui connaissent déjà un peu la culture africaine y reconnaîtront avec plaisir plusieurs aspects et ceux qui s’y initient trouveront nombre d’informations enrichissantes et surprenantes.