Pour sa plus récente création, la chorégraphe Marie Chouinard s’est inspirée

d’un mythe grec, celui d’Orphée et Eurydice.

Photo: Michael Slobodian

Même après avoir créé une cinquantaine d’œuvres cumulant chorégraphies, recueils de poésie, films et installations, l’inspiration de Marie Chouinard est loin de s’essouffler. «C’est plutôt le contraire!, affirme-t-elle, à l’autre bout du fil, en direct de la métropole. C’est ma passion, je voudrais en faire encore plus, mais j’ai des contraintes de temps, d’argent ou de manque de moyens. Je suis une auteure qui peut toujours créer !»

 

Pour Orphée et Eurydice, Marie Chouinard planchait sur une chorégraphie depuis quatre ou cinq semaines lorsqu’elle s’est aperçue que sa création collait au mythe du même nom. «Tout le monde connaît cette histoire-là, tout le monde en a entendu parler, mais j’avais envie de la raconter», précise-t-elle. C’est pourquoi un des dix danseurs de la troupe récitera, ce soir-là, le mythe d’Orphée et Eurydice.
La présentation affiche plusieurs similitudes avec les œuvres antérieures de Marie Chouinard, -dont le vide scénique, l’omniprésence du blanc et l’ajout de micros sans-fil sur les danseurs-, mais aussi quelques différences. «Il y a une rage, une charge qui part de la création, de la folie, du bouleversement, une perte de repères, c’est une jungle terrible, explique la chorégraphe. Il y a aussi peut-être ce côté théâtral, cette histoire racontée qui ne s’est jamais vue dans mes créations». 

Pour ajouter à ses chorégraphies, Marie Chouinard bénéficie de l’aide d’un compositeur avec qui elle fait affaire depuis une dizaine d’années, Louis Dufort. «Je lui passe une commande, je lui dis que j’ai une nouvelle idée de chorégraphie et ce que je veux, je lui donne des pistes, expose-t-elle. Il pense à tout ça, me revient un mois ou deux plus tard, et on s’ajuste l’un à l’autre».

Marie Chouinard sur scène
En plus de ses chorégraphies, Marie Chouinard a publié, au printemps dernier, un recueil de poésie dont elle fera la lecture lors du Festival international de littérature, à Montréal, le 25 septembre. La livraison de Chantier des extases, à la Place des arts, constituera un premier retour sur scène pour la chorégraphe.

Reste que la scène ne lui manque pas tant, affirme-t-elle. Compte-t-elle toutefois y remettre les pieds un jour ? «Oui…je sens que c’est le temps…».