C’est une tâche ardue que de catégoriser l’art auquel s’adonne l’artiste. Bien que les deux projets présentés au MM10 du 20 février au 1er mars soient très épurés, cette idée qui habite Jean-Pierre Gauthier de créer des formes géométriques qui se déconstruisent en animation en trois dimensions demeure présente. «Je n’ai pas de problème avec le fait que je navigue d’un extrême à l’autre !», exprime l’artiste, réputé dans le domaine des arts visuels.

D’un côté, Marqueurs d’incertitude donne une impression d’araignée grimpante qui danse et laisse ses traces sur le mur par des dessins exprimés de façon purement aléatoire. Ce projet contemporain comporte deux moteurs qui tirent la bestiole électronique, conçue habituellement avec des cerceaux provenant d’enjoliveurs retrouvés dans la rue. «Des 17 machines que j’ai créées, il n’y en a pas une qui fait un dessin de la même manière. Il y a aucune programmation», explique Jean-Pierre Gauthier, qui expose ces insectes ailleurs au pays, notamment en Saskatchewan et en Ontario.

D’un autre côté, Instants angulaires, en constante mouvance, construit et déconstruit l’espace par d’étonnantes figures géométriques. Ce projet, constitué de manches à balai, a pris forme par hasard, comme pour la plupart des idées de l’artiste. «En m’amusant dans l’atelier avec deux balais, je les ai attachés pour une raison quelconque et ça s’est mis à bouger d’une façon particulière. Ça a donné lieu à un délire total !», conclut-il