Harold Rhéaume, chorégraphe habitué de la Rotonde, avoue « vivre une

véritable histoire d’amour » avec le centre chorégraphique. Il présentera sa plus

récente création, Nu, à la fin du mois d’octobre.

Photo: Lucie Bazzo

C’est un Steve Huot nerveux, mais confiant, qui s’est présenté aux médias le 20 août dernier. Normal. L’habitué de la direction générale du centre chorégraphique de danse contemporaine endosse maintenant le second chapeau de directeur artistique de l’endroit. «J’étais nerveux au boute!», lance-t-il, sourire en plus, stress en moins, à l’idée de présenter sa toute première programmation.

Une planification «jeune », «nouvelle» et principalement «axée sur le public» aux dires de M. Huot. «Je voulais des spectacles qui plairaient aux gens qui assistent à de la danse contemporaine pour la première fois, sans décevoir les habitués», explique-t-il.

Tout un défi à relever si l’on en croit Steve Huot. «Il y a tellement peu de diffuseurs de danse contemporaine à Québec que la Rotonde se doit d’offrir une programmation diversifiée et cohérente, tant au niveau de la qualité, qui doit être élevée, qu’en ce qui a trait à la provenance des artistes, éclaircit-il. Il faut donner une place aux artistes étrangers, mais surtout aux artistes locaux. Sinon, qui le fera? »

Place à la relève d’ici…
Et c’est dans cette optique qu’il donne sa toute première chance professionnelle au chorégraphe et danseur québécois Alan Lake, détenteur d’un baccalauréat en arts plastique et diplômé l’année dernière de l’École de danse de Québec. Ce dernier, qui a fait ses classes avec la troupe d’Harold Rhéaume (Le Fils d’Adrien danse), présentera sa première œuvre insérée au sein d’une programmation, Chaudières, déplacements et paysages, à la fin du mois de février. Une chorégraphie qui se veut multidisciplinaire. «J’avais envie de combiner la sculpture, les installations, la vidéo et la danse dans un tout homogène, avance-t-il. Je réalise un fantasme que je n’avais jamais exploré avant. Je veux que la danse amène à l’objet et vice-versa, et que tout ça coule».
Une proposition qui a de quoi rendre fier celui qui a livré cet été Le fil de l’histoire, Harold Rhéaume, surtout qu’une autre de ses protégées, Ariane Vega, offrira son spectacle solo Mille et une vie dans le cadre de cette programmation. «J’ai tellement rêvé de ça à Québec, confie-t-il. Il faut des nouveaux chorégraphes, ne serait-ce que pour garder et faire travailler les danseurs à Québec».

Cet habitué des programmations de La Rotonde présentera d’ailleurs sa plus récente création, Nu, dès le 30 octobre. «Il s’agit de ma mise à nu de l’amour que j’ai pour la danse, commente Harold Rhéaume. C’est quelque chose d’intime et de raffiné, qui a son sens et son fil conducteur». Et rien à voir avec Clash! ou Le fil de l’histoire, ses deux créations les plus populaires à ce jour. «Nu est une proposition présentée en théâtre, qui a sa propre démarche, son côté épuré et abstrait, assure le chorégraphe. La facture est différente, mais j’ai entièrement confiance en ce projet-là».

…et à l’expérience d’ailleurs!
À tout cela s’ajoute en grande ouverture de saison Erritu, l’heure du bain, le sacre du printemps, du marseillais Christophe Garcia, qui a déjà présenté ses œuvres à la Rotonde. Smash Up, de Dana Gingras, originaire de Vancouver, proposera un mélange de danse, de musique et d’animation du
27 au 29 novembre. Suivra Sauver sa peau, une collaboration chorégraphique entre une diplômée de l’École de danse de Québec, Mélanie Demers, et Laïla Diallo, d’Angleterre, du 21 au 24 janvier 2009. La saison se terminera avec la proposition de José Nava, Anatamomies, une pièce encensée par la critique, ne contenant ni costume, ni décor, du 23 au 25 avril 2009.

La programmation complète, qui englobe les spectacles pour enfants ainsi que l’ensemble des activités de CorresponDanse, qui a pour mission première de favoriser la rencontre entre le public et les artistes, se trouve sur le site Internet de La Rotonde.