Pour sa 60e saison, la troupe n’y va pas de mains mortes et s’attaque à une pièce du Québécois Réjean Ducharme. Comme le mentionne Alexandre Vanasse : «En gros, c’est l’histoire de deux êtres qui cherchent à trouver une place sur la terre, une place qu’ils n’ont pas. Deux enfants ou adolescents qui font le tour du monde à la recherche d’un endroit, ou plutôt de gens qui vont les adopter, les aimer inconditionnellement…» Une histoire touchant à des sujets très lourds y est exposée, misant sur «la profondeur des personnages qui vivent des choses tellement graves sous l’aspect de la légèreté et sans comprendre vraiment ce qu’il leur arrive», complète le metteur en scène.

On y aborde entre autre «la recherche de l’acceptation des autres», explique Louis Morin, qui rajoute qu’il s’agit d’une «critique de la société, que l’auteur a choisi de refléter avec l’horreur et les valeurs négatives qu’elle véhicule». Les deux personnages principaux possèdent encore la naïveté de l’enfance, ce qui entraîne la question : «Veulent-ils vraiment faire ce passage à l’âge adulte pour voir cette société-là»? Vanasse précise que les protagonistes «veulent être enfants, mais sont dans un monde adulte, ça crée une superbe confrontation […]. Tout est métaphorique et rien ne doit être pris au sens premier». Le tout est pourtant nuancé d’un «côté légèrement comique, qui peut même devenir hilarant par moment», précise le comédien.

En plus de donner dans la profondeur, Ines Pérée et Inat Tendu consiste en une pièce qui n’épuise pas son sujet, dû à l’écriture de l’auteur si bien ficelée, aux dires du metteur en scène. Les transitions et les nombreux changements de rythmes devraient sans cesse déstabiliser le spectateur, selon lui. Louis Morin soutient que «même avec les deux heures de la pièce, le spectateur va rester réveillé».

Il ne faut toutefois pas se laisser décourager si vous avez lu la pièce et que celle-ci vous a paru illisible. Vanasse rassure le public en mentionnant que c’est effectivement le cas «quand on le lit tout seul, mais quand c’est rendu par un acteur, c’est fluide, facile à écouter». Le dernier mot qu’il aurait à dire pour stimuler la curiosité des intéressés au sujet de Ines Pérée et Inat Tendu se résume à «c’est fou, parce que la vie est folle et c’est une pièce de la vie!»