C’est dans les années 1940 qu’on a vu la genèse de deux importantes innovations techniques dans l’industrie du disque : le magnétophone à bande, qui révolutionne catégoriquement les procédés d’enregistrement, et le microsillon
33 tours, qui allonge la durée d’écoute. Cette dernière innovation allait remplacer le désuet 78 tours et installer ce qui deviendra le standard de l’industrie moderne pour les décennies à venir.

Selon le musicologue et graphiste Nick de Ville, c’est grâce à la Columbia Records et surtout à Edward Wallerstein si le premier long-jeu arrive sur le marché en 1948. Ainsi, l’hégémonie du disque vinyle 33 tours aura perduré pendant au moins 40 ans. Mais voilà que depuis quelques années, une recrudescence envers ce support se fait ressentir partout dans le monde. D’Abbey Road des Beatles en passant par In Rainbows de Radiohead, le vinyle retrouve ses blasons laissés à l’oubliette.

Revenons dans le passé afin de bien comprendre cette résurrection. Depuis l’invention, par les firmes Philips et Sony Corporation, du disque compact en 1979 et sa mise en marché en 1982, le disque vinyle a été délaissé peu à peu par les consommateurs au profit de ce nouveau support. C’est avec avec Brothers in Arms, du groupe Dire Straits, que le CD (Compact Disc) s’est définitivement démocratisé sur le marché musical.

En 1988, les ventes de CD dépassaient largement celles du vinyle. Le disque compact présente aux yeux d’une grande marge de consommateurs plusieurs avantages: une absence d’usure due à la lecture, une taille plus petite du support et une qualité dite théorique de la reproduction sonore. Cette qualité théorique repose sur deux aspects : le rapport entre le signal/bruit et la capacité d’une reproduction exacte de la musique à chaque lecture grâce au système de correction d’erreur. Mais en pratique, cela se traduit différemment selon les mélomanes et audiophiles. Ceux-ci préfèrent le son du vinyle qu’ils jugent plus musical, plus naturel et plus précis dans les mediums/aigus. De plus, selon les spécialistes du son, le disque vinyle est une source analogique, c’est-à-dire que l’information est stockée de manière directe sur le support. Il se différencie alors du CD, qui lui est une source numérique qui encode le signal audio en procédant à un échantillonnage puis à une quantification.

C’est pourquoi les compagnies d’aujourd’hui ressortent leur machine à presse car les mélomanes redemandent entre autres un niveau de qualité supérieure et veulent posséder leurs groupes favoris en objet de collection. Sur le marché, on le croyait mort depuis belle lurette. Mais voilà qu’il contre-attaque. Le bruit de fond, le format et la pochette graphique du vinyle sont redevenus à la mode. Qui dit vinyle, dit également table-tournante. À Québec, pour vous en procurer une, un amplificateur et des caisses de son de qualité, vous pouvez rendre entre autres au magasin spécialisé Audiolight, en basse-ville. Il existe également les disquaires Platine, CD mélomane et Archambault qui eux, étalent dans leurs bacs des disques vinyles neufs de vos groupes préférés. En somme, voilà quand même une nouvelle réalité faisant pied de nez au format ignoble et compressé qu’est devenu le MP3.