Réalisée en collaboration avec le Réseau des bibliothèques de la ville de Québec et avec l’aide du Programme de diffusion en arts visuels et en métiers d’art de l’Institut canadien de Québec, Deuxième lecture est la première exposition solo de Reuben Peter-Finley, l’un des cofondateurs de la galerie indépendante Morgan Bridge, située dans la basse-ville de Québec.

Autodidacte issu du milieu du graffiti, Reuben a cette fois choisi de troquer l’aérosol pour l’huile. «J’utilise de la peinture à l’huile en bâton que j’applique avec les doigts. C’est un peu comme un crayon de cire, c’est ce qu’on utilise aussi pour dessiner sur les trains de marchandise», explique l’adepte du street art, qui s’exprime aujourd’hui autant sur la toile que dans des espaces extérieurs «légitimes». Si l’aérosol n’a été à la base que d’un seul portrait de la présente exposition, un noir et blanc de Louis-Ferdinand Céline qui vaut le détour, l’esprit du graffiteur n’est jamais bien loin.

Les visages qui apparaissent sur les huit grands formats ont chacun une couleur, une personnalité qui leur est propre, représentations inspirées de photographies des écrivains, mais aussi des lectures du peintre. «Les portraits, c’est ce que je préfère faire. Le visage est intéressant à peindre parce que c’est un sujet qui est compréhensible pour tous. Tout le monde peut déchiffrer un visage, l’émotion qui s’en dégage», mentionne l’artiste. Parmi les auteurs choisis : Kafka, Saint-Exupéry et George Sand.

Le post-graffiti
Se réclamant du post-graffiti ou street art, art d’intervention dans l’espace urbain, Reuben
Peter-Finley a confiance en l’avenir de sa pratique. Bien que toujours marginalisé, le graffiti a beaucoup évolué au fil des ans, ne se limitant plus aux tags et s’étendant notamment aux mosaïques, pochoirs et installations.

Organisateur de la convention Uptown Aérosol en août dernier, événement d’un jour regroupant une vingtaine de graffiteurs qui ont fait naître la murale située au coin des rues René-Lévesque et Cartier, Reuben affirme: «À mon avis, c’est le mouvement dans les arts visuels qui va laisser sa trace, dont on va parler dans 50 ans. Il y a vraiment un éclatement dans le graffiti. Si on pense à Shepard Fairey par exemple [ancien graffiteur aujourd’hui graphiste reconnu], qui a fait les stencils de Barack Obama [à l’origine d’affiches-portraits qui ont circulé un peu partout durant la campagne électorale], c’est un vandale qui a fait le branding du président américain. Un outsider qui est maintenant accepté.»