Avec les chorégraphies de Ma sœur Alice, le créateur Daniel Bélanger mise sur l’éclatement pour séduire les jeunes adultes. Si la source d’inspiration première de Daniel Bélanger pour ce spectacle était l’œuvre de Lewis Carroll, Alice au pays des merveilles, et sa suite, De l’autre côté du miroir et ce qu’Alice y trouva, le chorégraphe insiste : il n’en a retenu que la succession de «scènes complètement éclatées et absurdes» servant à décrire les replis parfois plus «sombres» de toute quête d’identité.

Les tableaux de Bélanger, qu’il qualifie de très «actuels» et «ludiques», explorent ainsi les rites de passage, ou les «étapes d’une vie qui nous permettent d’avancer et de vivre des expériences différentes, d’upgrader au prochain niveau». On promet notamment une scène de bal plutôt noire où les danseurs, avec leurs costumes «croches» et leurs masques d’animaux, s’en «donnent à cœur joie à se blesser les uns les autres». Il y a donc un côté plus «malsain» de l’humain qui est «libéré» lors de ces rites. D’autres scènes, toutefois, rappelleront des souvenirs plus doux, tel qu’un «duo de caméras» évoquant la sensualité des premiers amours.

La scénographie n’est pas moins éclatée. Au pays d’Alice, la caméra de surveillance est le miroir de la réalité d’aujourd’hui : entre les captations en direct et les performances du VJ du spectacle, des projections sur mur blanc tiennent lieu de toile de fond. Le tout est supporté par une musique techno-folk qui n’est pas sans rappeler les soirées rave.

Le spectacle Ma sœur Alice, une création de la compagnie Code Universel, sera présenté dans la série jeunesse de la Rotonde les 13 et 14 mars à la salle Multi de Méduse.