Le metteur en scène Jean-Philippe Joubert raconte que, durant le processus de création, l’équipe a discuté avec des gens qui avaient été en Israël et en Palestine. L’objectif? Avoir «un écho précieux de témoins de première main de ce conflit-là, ce qui a permis d’éclairer le travail artistique autrement».

La mise en scène cherche à laisser une grande place au spectateur. Jean-Philippe Joubert précise ainsi ses choix : «Le plateau est complètement dénudé, la régie est sur scène, il n’y a pas de pendrions, on voit le dépôt de matériel derrière, il y a simplement quelques projections sur un mur, et le plancher qui est la surface de jeu. Jamais il ne fallait faire croire que l’on savait ce qui se passait là-bas, faire croire qu’on représentait clairement ce que pouvait être le conflit».

Des pierres et des bottes
La création repose donc sur le pouvoir suggestif des «signes» déterminés par l’équipe. «Quand on apporte une botte d’armée sur scène, c’est le spectateur qui projette l’armée, mais nous, on ne fait que déposer une botte. Quand on a des pierres sur scène, ça peut être l’arme de l’Intifada comme ça peut être les pierres tombales de certains Israéliens», explique-t-il.

Selon lui, cela permet de libérer un «espace de réflexion» de grande importance pour que le spectacle agisse, parce qu’il se considère incapable de dire aux spectateurs quoi penser. Il soutient avoir «travaillé fort pour tenter de juste exposer la relation de ces deux jeunes filles afin que le public, lui, par après, continue à s’informer, à réfléchir, et qu’il puisse agir à sa façon et signer ce qu’il veut bien signer comme pétition».

Et la recette semble gagnante…
Puisque le spectacle s’est beaucoup promené, tant dans les réseaux scolaires que dans des salles remplies d’adultes, il arrive aujourd’hui au Périscope avec déjà plus d’une soixantaine de représentations complétées. «À la fin de la saison, le spectacle devrait être centenaire», estime M. Joubert.

Bien que la représentation ait reçu le Masque de la Production Jeune Public 2007 et le Prix de la critique 2006-2007, dans la catégorie Jeunes publics, elle a véritablement été créée en fonction des deux publics, sans qu’il n’y ait d’ajustement majeur à faire pour l’un ou l’autre. Le metteur en scène précise qu’il y a «quelques gestes que les ados supportent moins bien que l’on remet pour les adultes au Périscope; on les avait enlevés parce que ça faisait dériver le sens, mais ce sont de tout petits détails, qui sont davantage perceptibles pour nous que pour le public».

La pièce Si tu veux être mon amie, abordant avec délicatesse les conflits au Proche-Orient, est présentée du 13 au 31 janvier au Théâtre Périscope.