En janvier 2007, Roxanne s’attelait à sa première mise en scène, Les quatre morts de Marie. Elle avait souvent fait craquer les planches de la scène au secondaire et au cégep, mais jamais encore elle n’avait tâté l’envers du décor. La raison qui l’y a poussée est viscérale : «Lorsque j’ai lu la pièce, je me suis dis : j’ai tellement hâte de la voir sur scène que s’il le faut, je vais la monter moi-même!» Il n’en fallait pas plus pour la lancer dans cette nouvelle aventure.

Tout d’abord : choisir les comédiens. Elle avait développé une vision très personnelle de la pièce, il lui fallait maintenant dénicher des acteurs qui y correspondaient. «Je fonctionne vraiment avec mon instinct», lance Mlle Mailloux à plusieurs reprises lors de l’entrevue. L’une des Marie a été retenue pour la lueur et l’émotion qui se retrouvaient dans ses yeux. Puis, pour le choix et la réalisation des costumes, elle s’en remet à la même technique : suivre son instinct! Finalement, l’œuvre s’est avérée une incroyable réussite (12 nominations sur 13 aux Trez’Or, le gala d’excellence de la troupe). Roxanne a vraiment atteint son but quand un spectateur est venu lui confier qu’il a vraiment été bouleversé par la pièce. «J’aime le théâtre qui rentre dans les dents. Je ne veux pas que les gens sortent de la salle sans se souvenir de ce qu’ils viennent de voir», s’enflamme-t-elle.

La metteure en scène graffigne (littéralement) d’impatience en attendant de pouvoir renouveler l’expérience. Elle est présentement plongée dans un tout autre défi : la présidence de la Troupe des Treize. Pour ce faire, elle jongle avec la gestion du CA, les conférences de presse, la foire aux auditions et toute la paperasse administrative. À cela elle superpose le rôle de costumière et de directrice de production pour la pièce Les bâtisseurs d’empire, de Boris Vian, qui sera présentée à la fin novembre.

Le plus grand souhait de Roxanne pour la troupe est que le public ose le théâtre amateur. «Nous avons plein de talents ici. Il y a tout un processus de sélection des pièces et d’audition des comédiens. Nous avons accès à des professionnels. On fait du théâtre de qualité», exprime-t-elle. Elle souhaite aussi que les étudiants qui sont attirés par l’un des aspects du théâtre osent essayer. Elle leur rappelle qu’ils n’ont pas besoin d’un CV rempli, il suffit d’en avoir envie.

Toujours pleine de projets, elle confie qu’elle en est à fignoler la pièce qu’elle a rédigée, il y a quelques mois, durant une escapade à Bordeaux. «Il faut faire confiance à ses rêves!», conclut-elle.