Pour la quatrième année, le Théâtre du Petit Champlain présentera Le Père Noël est une ordure. Le comédien Jack Robitaille incarne le personnage d’un immigrant, M. Preskovitch, qui, bien seul le soir de Noël, cherche à se conforter par un appel à une ligne d’entraide. Cependant, on aura tôt fait de découvrir que les tristes confidents, de même que les dévoués travailleurs, sont loin d’être des anges. «La force de cette œuvre culte des années 1980, Le Père Noël est une ordure, est de reconnaître, aux dépends des classes laborieuses, que tout le monde est une ordure, s’exclame M. Robitaille. Le théâtre des années 1970 en était un de revendications sociales où l’on cherchait à défendre les pauvres. Avec cette pièce, on s’est permis un joyeux cynisme qui n’aurait pas été toléré auparavant.»

À l’exemple de La Petite Vie ou d’autres cadres de dénonciation sociale, une bonne dose d’humour nous est servie pour faciliter l’absorption de la grinçante critique faite sur les relations humaines.
Un exemple?
«-Et le Père Noël, il existe vraiment? demande le timide Jonathan près du sapin dénudé.
-Oui, et c’est un beau salaud!, rétorque son paternel, imbibé d’alcool.»

Double chapeau
M. Robitaille est aussi le vice-président de l’Union des artistes à Québec. Selon lui, «un syndicat, par le fait même une démocratie, est nécessaire à la promotion et à la défense des droits des artistes. Il est difficile de gagner sa vie comme artiste, c’est un métier risqué qui connaît des hauts et des bas.» Son plus grand souhait pour la scène de Québec est qu’on arrive à maintenir une «écologie théâtrale». Il est essentiel, à son avis, que tous les éléments du milieu, que ce soient les institutions comme le Trident, ceux du milieu intermédiaire faisant appel à un public plus dégourdi (Périscope), les théâtres d’émergence (Premier Acte) ou encore les scènes jeunesse (Gros Becs), cohabitent de façon «sereine et fructueuse». De plus, tous les niveaux ont beaucoup à apprendre des théâtres jeunesses qui sont en continuelle création et possèdent une expertise différente.

Du 1er au 20 décembre, au Théâtre Petit Champlain, sera présentée une œuvre «trash», nous assure Jack Robitaille. À vos ordures!

Théâtre d’été hivernal

Des soucis? Besoin d’un ami? Appelez Détresse-amitié qui ne tardera pas à vous rendre encore plus misérable que vous ne l’êtes! C’est ce que propose la pièce Le Père Noël est une ordure, qui pose un regard cynique sur la solidarité humaine.

Le soir de Noël, plusieurs miséreux cherchent du réconfort en appelant à une ligne de soutien téléphonique, Détresse-Amitié, où deux âmes abîmées peineront à les consoler.

Le propos de l’œuvre est intéressant, mais devait être beaucoup plus percutant lors de sa conception, dans les années 1980. Le texte met à nu la misère humaine et la difficulté, voire l’impossibilité de s’en extirper. La critique sociale est enrobée d’une bonne dose d’humour afin d’en permettre l’absorption qui, autrement, serait indigeste.

Pour sa quatrième année de production, le Théâtre Petit Champlain a donné dans une mise en scène, un décor et des costumes sommaires. Les comédiens, sans être exécrables, nous livrent une prestation neutre. L’art et la création ont été relégués à l’arrière-plan pour céder la place au comique. Une production qui se rapproche davantage du spectacle humoristique que du théâtre.