PHOTO: Samuel Murdoch

Samuel Murdoch a la tête aussi chargée que son agenda. L’entrevue qu’il a accordée à Impact Campus se compare à un dérapage contrôlé, ou à prendre un Red Bull avec deux pilules de caféine…

Lesbo Vrouven
«Lesbo Vrouven, c’est trois disques à créer dans une espèce d’urgence, portés par la même impulsion physique», explique Murdoch, qui signe les textes ludiques et insolites de Je reviens Geneviève (2006), Encore la mort (2008) et Mathématiques (à venir). Les trois volets représentent les phases d’une relation amoureuse : «Le début, la fin et la suite». Les titres d’Encore la mort sont des anagrammes et réfèrent à des dates de naissance ou de décès mais malgré le sujet : «Ce n’est pas torturé, je n’essaie pas d’ouvrir les veines des gens, seulement de les faire pleurer sur la piste de danse», raconte le musicien, aussi auteur pour enfants, scénariste et artiste visuel à ses heures. Le bassiste Hugo Lebel (aussi dans Les Goules) et le batteur Antoine Caron (aussi photographe) complètent la formation.

Question de réitérer la naissance spontanée du premier opus (survenue lors de la 2e prestation à vie du groupe), le lancement d’Encore la mort a eu lieu le 18 avril, alors que le disque ne s’est retrouvé sur les tablettes qu’en… juillet. La musique de Lesbo Vrouven naît sur le plancher de danse et est endisquée à maturité. Le son écru et sauvage donne l’impression que tout est enregistré one take, une légende urbaine que Murdoch se plaît bien à entretenir, en posant un bémol : «On travaille tout de même en studio, mais on veut conserver l’énergie brute de nos chansons. En sortant d’une séance d’enregistrement, je veux que les gars soient complètement épuisés physiquement». Le résultat semble plaire aux fans, qui pourront revoir LV à Québec, le 18 octobre, au Scanner avec Hot Kid.

L’étiquette P572
Entre ses huit groupes et les projets délirants qu’il enchaîne, dont (Swedish) Death Polka qui consiste en «de la musique néo-classique avec chorale d’enfants», et une collaboration attendue avec le chanteur du groupe anglais Hefner, Samuel Murdoch trouve le temps d’être directeur artistique de l’étiquette P572, qu’il dirige avec Sébastien Leduc. Dans l’aventure, Jane Ehrhardt, Millimetrik (seul artiste de Québec en nomination au GAMIQ), Rotting Ebitan, Keith Kouna (le chanteur des Goules), et bien d’autres.

Comment arrive-t-il à faire rouler tout cela ? «Ça prend la jeunesse, le feu sacré… et les bons vêtements !»