Finissante au baccalauréat en droit, Maude Bégin-Robitaille octroie par l’écriture une toute nouvelle vie aux personnages d’Homère dans cette vision «moderne, puissante et tragique» de la guerre de Troie. «J’ai utilisé d’autres mythes, j’ai inventé, c’est très fragmentaire, explique-t-elle. Mais j’ai laissé tomber la mythologie en tant que tel. Il n’y aura pas de Dieu, ni de magie, ni de sort.» 

La jeune femme – dont le dynamisme est indéniable – a bien pris soin d’exploiter le drame humain et de laisser place aux rôles féminins parlés, quasi absents dans la tragédie grecque traditionnelle. «Je voulais montrer les femmes derrière les héros, l’histoire derrière cette guerre-là, comprendre ce qui c’est passé», poursuit-elle.

À deux, c’est mieux
Pour bien mener à terme son projet, la dramaturge s’est entourée d’une amie à la mise en scène, Marie-Ève Chabot Lortie, bachelière en études théâtrales à l’Université Laval. «Nous sommes en symbiose!, laisse aller Maude Bégin-Robitaille. Nous avons pratiquement la même vision du texte, il n’y a pas de friction.» Ce qui constitue une bonne chose pour l’auteure, puisqu’elle se dit être «très proche de son texte…».  

Vilaine sur scène
En plus de signer les textes de Troie, Maude Bégin-Robitaille endosse le rôle important d’Hélène, personnage à l’opposé de sa créatrice, qu’elle ne s’était pas tout à fait accordé lors de son écriture. «J’ai fait les auditions, comme les autres, et Marie-Ève [Chabot Lortie] m’a finalement attribué Hélène, la méchante, la sensuelle, celle qui utilise ses atouts pour déclencher des guerres!», lance celle qui accepte ainsi son «premier rôle de méchante» aux Treize.