MacKenzie y raconte l’histoire d’Adam (Jesse Aaron Dwyre), un jeune juif anglophone de Montréal, qui tombe amoureux de Yasmine (Flavia Bechara), une étudiante libanaise participant à une manifestation pacifiste à l’université, alors qu’il s’y présentait pour une audition de clarinette.

Le titre, Adam’s Wall, fait à la fois référence au mur des lamentations de Jérusalem et à un mur dans un parc où Adam va se recueillir. Mais il rappelle surtout le mur de différences et de préjugés qui sépare les deux différentes cultures cohabitant dans le Mile End.

Ici, on ne réinvente pas les histoires d’amour, au contraire. Deux personnes, dont l’amour réciproque semble être impossible, finissent ensemble. Cependant, le sujet est traité d’une façon délicate, sans tambour ni trompette, et ça, c’est rafraîchissant. La musique, magnifiquement bien choisie, aide également énormément à ce sentiment de simplicité toute naturelle.

Là où ça accroche un peu plus, c’est du côté du scénario. Sans jeter à la renverse, il semble néanmoins s’agripper à quelques moments pour ne pas perdre l’équilibre. En effet, plusieurs facettes du scénario sont faibles, dont l’intervention un peu étrange au moment du climax de Mostafa (Tyrone Benskin). De plus, les protagonistes sont malheureusement peu explorés et encore moins exploités.

En bref, si le scénario de Michael MacKenzie manque de rigidité et que ses personnages sont survolés, le réalisateur montréalais offre quand même un film d’une douce sincérité. Les acteurs y sont justes – en particulier Paul Ahmarani qui offre une excellente prestation –, la musique est magnifique et la photographie est, à quelques moments, fort ingénieuse. Somme toute, un film qui ne passera peut-être pas à l’histoire, mais qui n’est pas complètement décevant.