La célèbre peintre Galactia reçoit du doge de Venise la commande d’un tableau devant représenter glorieusement une célèbre bataille. Elle décidera plutôt de peindre la cruauté de la guerre, contre la volonté du doge et du clergé. L’histoire, d’une extrême simplicité, ne devient vite qu’accessoire aux nombreuses idées et aux messages lancés par l’action qui se déroule sous nos yeux. Critique de la guerre, critique de l’ingérence étatique et religieuse dans l’art et questionnement sur la place de la femme dans l’art, chacun peut y trouver sa cause. Aucune prise de position de l’auteur, mais on en ressort la tête pleine de sujets de débats.

Les motivations du geste de Galactia – dévoiler sa vérité, qu’elle réitère plusieurs fois à grand renfort de superlatifs et de pauses dramatiques – finissent rapidement par se répéter. Par contre, le rythme de la pièce est sauvé par une mise en scène audacieuse et particulièrement efficace. Six danseurs évoluent ponctuellement sur scène et ajoutent une touche à la fois moderne et dynamique. La chorégraphie du tout début de la pièce est spécialement réussie.

L’élément qui étonne le plus est sans doute l’eau dans laquelle se retrouvent à tour de rôle comédiens et danseurs. Il est bien rare d’en voir utilisée au théâtre, mais ici le metteur en scène Gill Champagne l’intègre savamment et l’ambiance s’en trouve complètement transformée, pour le bonheur de nos yeux mais également de nos oreilles.

Le jeu des acteurs est excellent, notamment celui de Nicola-Frank Vachon, qui interprète l’amant déchiré de Galactia. Une pièce à voir absolument, pour les enjeux moraux et pour la mise en scène renversante. Tableau d’une exécution sera au théâtre du Trident jusqu’au 29 novembre.