La troupe de théâtre de l’Université Laval a dévoilé la semaine dernière la composition de cette deuxième partie de l’année 2008-2009, qui marque son 60e anniversaire. «Éclatée dans les genres et dans les styles», selon la directrice de la troupe, Roxanne Mailloux, cette saison sera néanmoins marquée par une plongée dans les intrigues de la Grèce antique.
«Seule pièce grecque qui conserve l’esthétique grecque», Les Bacchantes d’Euripide, récit de la vengeance de Dyonisos à l’égard du roi de Thèbes qui refuse de l’honorer, sera jouée du 11 au 15 mars. «Ma première motivation à réaliser ce projet, c’était de monter une pièce à partir de la danse et de la musique techno, révèle Odré Simard, metteure en scène. Je cherchais une pièce avec cette énergie et je l’ai trouvée dans Les Bacchantes, avec ces femmes en transes [qui pratiquent le culte du dieu déchu].» Pour l’occasion, elle a requis les services de la chorégraphe Karine Chiasson, étudiante au baccalauréat en théâtre à l’Université Laval.

Relecture du mythe grec, l’Antigone du dramaturge français Jean Anouilh montera sur les planches du 25 au 29 mars. La pièce, représentée pour la première fois en 1944, sera remise au goût du jour dans une mise en scène très sobre. «On vise l’efficacité du langage d’Anouilh. Qu’est-ce qui, dans cette oeuvre, résonne encore aujourd’hui?», se questionne le metteur en scène, Jean-François Hamel. «On effectue un léger dépoussiérage. La pièce aura une facture actuelle, mais dans le respect du texte.»

Enfin, dans une création originale, les Treize présentent Troie, une pièce de Maude Bégin-Robitaille, jeune auteure lavalloise à qui l’on devait Quatre histoires et un sac de fric l’année dernière. S’étant librement inspirée de L’Iliade d’Homère et d’autres intrigues périphériques, l’auteure a colmaté les brèches de l’histoire mythique avec la fiction. Les femmes y trouveront la juste place qui leur est généralement refusée dans la tragédie. «Je voulais montrer ce qui se passe derrière la guerre, pas sur le champ de bataille. C’est une pièce très près de l’humain», révèle celle qui interprète aussi la belle Hélène. Une pièce très sensuelle, si l’on en croit l’extrait présenté en conférence de presse! À voir du 8 au 12 avril, dans une mise en scène de Marie-Ève Chabot-Lortie.

Feux de joie et délire dada
La saison s’enclenchera cependant dans un autre esprit, celui de Monsieur Bonhomme et les Incendiaires, une pièce du Suisse Max Frisch sur «la peur d’avoir peur». On y suit les péripéties d’un petit industriel aux prises avec des pyromanes réfugiés dans son grenier, allant d’astuce en astuce pour s’en débarrasser sans fracas. La pièce sera présentée du 25 février au 1er mars, dans une mise en scène de Junot Pelletier.

Jouée du 17 au 22 mars, la curiosité de cette saison reste Merz-Sonate, de Kurt Schwitters, amateur allemand du dada et initiateur d’un mouvement parallèle, le «merz». Certains de ses monologues, poèmes, saynètes seront retrouvés dans cet ensemble baroque qui réunit, entre autres, rien de moins qu’un dialogue sur l’odeur d’une souris morte et un hymne à la culture universelle en onomatopées. Philippe Savard, à qui l’on doit la mise en scène de Vos amis et voisins aux Treize en 2008, est le chef d’orchestre de ce projet inédit.