Elvire Jouvet 40, c’est l’histoire de Louis Jouvet, professeur au Conservatoire de Paris, qui enseigne à une de ses étudiantes à interpréter Elvire, du Don Juan de Molière, pour une scène des plus merveilleuses du théâtre classique… et des plus mals jouées à l’époque.

Le maître tentera de transmettre à l’élève les techniques, mais aussi l’essence d’une interprétation vraie, et c’est à travers son enseignement que le public découvrira les idées qui révolutionnèrent les interprétations récitées sans expression de jadis.

Louis Jouvet, figure historique réelle, a mené une brillante carrière autodidacte de comédien après avoir été rejeté des conservatoires. Un parcours qui, ironiquement, le mènera à enseigner au Conservatoire de Paris. Il se distingue de ses prédécesseurs par la sensibilité et l’intensité de son jeu et entame ainsi une révolution du théâtre. Déjà de son vivant, on sténographie ses cours. Ces notes furent assemblés en une fiction qui se veut fidèle, Elvire Jouvet 40, un véritable voyage dans une des salles de cours les plus courues de l’époque et dont les échos influencèrent les manières de jouer le théâtre d’aujourd’hui.
C’est donc une grande pointure que devra incarner le comédien du rôle-titre, Michel Nadeau. Mais Lorraine Côté, qui signe la mise en scène, se veut rassurante à ce sujet : «Je ne demande pas à Michel d’en faire une imitation. Il doit rendre son autorité, son exigence, et susciter cette fascination que tout le monde a pour lui».

Marianne Marceau, qui incarne l’élève, a aussi un grand défi comme actrice, comme le confiait Lorraine Côté. Son personnage, sous la direction de Louis Jouvet, se trompe de diverses manières dans ses tentatives d’incarner Elvire. Le spectateur pourra observer la justesse du jeu progresser avec les essais. C’est donc devant deux publics, les spectateurs et son professeur, qu’elle réussira ou échouera. Il y a matière à intéresser les plus passionnés d’interprétation.

Elvire Jouvet 40 est une pièce à l’esthétisme travaillé, certes, mais le message n’en est pas moins présent : L’amour du théâtre transpire du texte. «Ce qui est fascinant avec Elvire Jouvet 40, c’est de voir un professeur transmettre sa passion», affirme Lorraine Côté. Mais qui dit amour du théâtre dit aussi critique des arts nouveaux. La pièce se veut à l’envers du «pop-théâtre», celui où tout le monde devient comédien du moment où il est choisi à une audition, et comédien de renom si c’est l’audition médiatisée d’un certain film québécois…

Le spectateur verra la réalité du comédien, lorsque celui-ci devient un matériel au service du personnage, qui doit donner ses gestes, ses sentiments, ses respirations, tout, au service des feux de la rampe et d’un metteur en scène toujours plus capricieux.

Le TNP vous invite donc à assister au making-of d’un comédien, et d’un peu tout le théâtre, du 9 septembre au 4 octobre, à la salle principale du Périscope.