La formation ontarienne Alexisonfire gâte ses fans avec l’arrivée dans les bacs d’un minialbum de quatre chansons, Dogs Blood. Témoignant d’un agréable changement, cela plaira à ceux qui ont apprécié le côté plus léché développé par le groupe depuis quelque à temps. Un brin de nouveauté parfaitement approprié au lancement d’une tournée canadienne fort attendue.

La présence d’une touche expérimentale doit être soulignée. Les guitares ouvrent la porte à un son moins commercial qui ne plaira pas à tous. C’est le cas notamment de la pièce «Grey» où la distorsion prend le pas sur le côté naturellement hardcore (mais accessible) du groupe. Globalement, l’instrumentation domine. À ce titre, du haut de ses six minutes, «Vex» est exempte de tout apport vocal. Rien de bien compliqué en terme technique, mais on peut néanmoins en dire du bien: non agressif, davantage balade que rythmique, sans tomber dans le cliché et le superflu. Le morceau aurait certainement gagné à être un peu plus complexe, mais pour une première, ce n’est pas mal du tout.

La voix de Dallas Green manquera à certains. Il se laisse désirer. Son arrivée à mi-parcours de la pièce titre renoue avec la qualité et la particularité de ce qui a toujours fait d’Alexisonfire une formation d’exception dans notre paysage musical. Il faut en profiter puisque ces quelques minutes sont le seul moment où M. Green daigne faire une apparition sur l’album. Une absence notable qui se fait remarquer. Non pas que l’ensemble soit sans substance, loin de là, mais il manque quelques épices qui donnent habituellement au mélange toute sa consistance et sa pertinence. Il s’agit là de la principale faiblesse de Dogs Blood. L’idée est là, l’effort également, mais on voit mal comment ces chansons pourraient scéniquement tenir la route. En supposant qu’elles sont un avant-goût de ce qui composera le prochain album, on y voit cependant un avenir bien prometteur. À apprécier dans son ensemble, pour les inconditionnels avant tout.

3.5/5