Les disciplines se multiplient chez Circa: main à main, trapèze, hula hoop, ruban, breakdance, toss-the-girl, acrobaties, capoeira. Par ailleurs, chacun de ses membres possède quelque 12 ans de formation professionnelle en arts du cirque. Yaron Lifschitz, le directeur artistique de la troupe, possède une démarche rare afin de pousser la créativité et le savoir-faire de ses artistes. «C’est lui qui nous arrive avec des concepts, un langage, des idées. Il nous fait confiance, laisse chacun partir avec les thèmes et sait que le meilleur spectacle de cirque est celui qui vient des performeurs. Nous n’avons pas de chorégraphe», dit Jesse Scott, membre du groupe. Le résultat: des numéros poétiques et diversifiés qui explorent le corps humain dans son étrangeté autant que dans ses possibilités inattendues.

Chez Circa, on a le sens des détails. Ceux-ci ont d’ailleurs été mis en lumière tout au long du spectacle. La salle attendait le public avec une trame sonore d’ambiance, grave et douce. Préférant une esthétique dénudée, à l’instar d’une troupe de danse contemporaine, ces artistes de Brisbane n’ont pas de couturier au style baroque dans leur équipe. Scène toute crue, sans trompette ni tambour, décors et costumes minimalistes, elle est faite pour permettre le mouvement. La troupe cherche à se rapprocher de ses spectateurs plutôt qu’à nourrir l’abîme séparant la salle de la scène. Cela va de pair avec les thèmes explorés dans les diverses scènes: l’amour, les relations humaines, l’étonnement. On sent la volonté de proposer un second degré aux chorégraphies.

Comment six artistes de cirque arrivent-ils à faire le tour du monde ensemble? «Avec la confiance», répond sans hésiter Jesse Scott. De par la nature de leur travail, l’assurance qu’ils ont les uns envers les autres est essentielle. Que l’on parle des acrobaties à plusieurs ou de l’entraide au jour le jour, faire confiance et se soutenir, c’est ce qui permet à Circa d’être sa propre famille.
Au sein de la troupe, le quotidien et le spectacle de sont pas choses distinctes. On pourrait presque dire que le second est l’amplificateur du premier. D’où l’importance de faire face aux différends et d’innover en termes de solutions. Les acolytes se tiennent bien fort et cela leur permet de donner tout ce qu’ils ont d’eux-mêmes sur les planches, de se démarquer et de conquérir leur public.