On ne pensait pas entendre reparler de Jim Lindberg de sitôt. Après avoir quitté la formation Pennywise pour laquelle il a assumé le rôle de leader pendant une vingtaine d’années, il semblait plutôt improbable que Lindberg reprenne le micro aussi rapidement. Contre toute attente, il met sur la table The Black Pacific, premier album éponyme de son nouveau projet à saveur routinière. Ceux qui attendaient un changement de style sans précédent seront visiblement déçus. Peu de choses permettent de différencier la sonorité des deux groupes. On baigne encore dans le punk revendicateur, même s’il est un peu plus mélodique et raffiné. Un moyen honnête de ne pas se faire oublier.

Si on peut déplorer le manque d’originalité et de créativité de Lindberg dans ce projet, on ne peut nier que le style lui convient parfaitement. D’autres auraient sans doute profité de l’occasion pour explorer des avenues inconnues, mais l’homme maintenant rendu à la mi-quarantaine ne semble pas y avoir trouvé l’inspiration. Il est fidèle à son style d’écriture avec des textes directs tel que «Living With Ghosts», mais il y va aussi de chansons un peu plus personnelles. À titre d’exemple, «Time Is Not The Reason» traite de l’exaltant sentiment de liberté et de contrôle de sa destinée, sans perdre le mordant caractéristique de Pennywise à ses débuts. Le musicien utilise toutefois une arme à double tranchant puisque l’intérêt se dissipe rapidement. Au bout d’un certain temps, on ne voit simplement plus la pertinence de prolonger l’écoute. Ce n’est pas mauvais, c’est simplement trop générique. On aurait aimé un tant soit peu de renouvellement, question de piquer davantage notre curiosité. Des pièces comme «Kill Your Idols» et «Put Down Your Weapons» sont bonnes, mais sans plus.

The Black Pacific manque de substance. Peut-être aurait-il été davantage pertinent si le temps, faisant son œuvre, avait fait place à une quelconque volonté de renouveau.  Lindberg a un talent indéniable qui ne se fait pas particulièrement remarquer dans le cas présent. L’album n’est pas à la hauteur de ce qu’on pourrait attendre de Lindberg, mais les fans s’y retrouveront et lui resteront certainement fidèles.  
2.5/5