TESTAMENT
VICKIE GENDREAU
LE QUARTANIER

On se jette dans le Testa­ment de Vickie Gendreau, sans trop savoir ce qui nous attend. Bang! Une dérive de documents de prime abord insensés, une avalanche de mots crus ou poétiques, un raz-de-marée d’émotions tur­bulentes, un glissement de terrain. Ça dérape.

La trame est cahoteuse et le ton haletant, mais tant pis. On s’obstine à tourner les pages. Plus tard, on ap­prend que ce premier roman a été en grande partie écrit en moins de 48 heures. Car­rément craché. Voilà l’expli­cation. Voilà d’où vient le sen­timent d’urgence qu’il nous inspire. Voilà peut-être aussi à quoi tient son dénuement.

Nous voilà happés sans sommation par l’univers chao­tique d’une jeune femme sur qui tombe la maladie, ballotés au gré de ses réflexions qui s’attachent à l’éphémère de la vie, à l’absurdité de la mort, à la futilité de ce qui l’entoure. On y côtoie sans distinction famille, amis, amants, clients, fennecs. Plusieurs nous en­ragent. C’est tout dire de la force de l’écriture.

Colère, tristesse et passion tourbillonnent et nous étour­dissent alors que Vickie Gen­dreau nous joue des scènes de sa vie, ses morceaux choisis. Car Testament est intime. Un tête-à-tête sous les black light avec une auteure de 23 ans, bien vivante, qui se livre sans fard dans une autofiction non censurée, parfois choquante, parfois attendrissante, mais surtout surprenante.

On déteste ou on adore.

Vickie Bonsaint