Photo : Courtoisie, Jean-François Leblanc

C’est devant une salle comble que les sept danseurs, cinq musiciens et quatre chanteurs ont interprété le répertoire varié de la regrettée Lhasa de Sela dans le cadre de Danse Lhasa Danse, un spectacle hom­mage conçu par Pierre-Paul Savoie de PPS Danse.

Ariane Tapp


Accompa­gnés de cordes et de batterie dis­crètes mais sensibles dans le coin jardin, Alexandre Désilets, Gene­viève Toupin, Karen Young et Alejandra Ribera se sont investis dans l’émotion des chansons de Lhasa. La danse a quant à elle évolué majori­tairement du côté cour. Allant du flamenco au contemporain en passant par le gumboot et le butô, des chorégraphies évo­catrices se sont succédé, por­tées par des danseurs accom­plis. Tout ce beau monde n’a toutefois jamais été présenté, comme quoi c’est Lhasa de Sela que l’on venait voir et entendre.

À la musique et à la danse se sont ajoutés des enregistre­ments audio et des projections vidéo de Lhasa, justifiés et sou­vent émouvants. Des lanternes chinoises contribuaient à l’am­biance intime, voire sacrée, de la soirée.

La volonté de Pierre-Paul Savoie de fusionner danse et chant n’a pas souvent été res­pectée, malgré de nombreux efforts. Notons quand même les quelques mouvements d’Alexandre Désilets et d’Ale­jandra Ribera. Quelques beaux échanges entre les deux arts, donc, qu’on aurait cependant souhaités plus nombreux, peut-être plus audacieux.

Malgré tout, il s’agit là de lé­gers regrets reliés à de hautes attentes. Les chorégraphies étaient superbes, les arran­gements beaux, les voix puis­santes (celle d’Alexandre Dé­silets sur De cara a la pared est inoubliable), les danseurs im­pressionnants. La finale a rap­pelé tous les chanteurs et dan­seurs, ces derniers entraînant les premiers hors de scène. Somme toute, un spectacle unique, senti et bien interprété.