Il y a bien eu Dunkerque, le film de guerre exceptionnel du prodigieux Christopher Nolan, qui ne sait pas mal faire et n’a jamais fait mieux. Il y a eu Ma Loute, la comédie jouissive et sadique de Bruno Dumont. Ou encore Détroit, le drame poignant, mais un peu lourdingue et franchement trop  long de Kathryn Bigelow. Mais, pour le reste, et malgré les friandises estivales habituelles, quel morne été dans les salles sombres ! Heureusement, voilà l’automne !

Le programme est alléchant, gargantuesque même : l’automne 2017, cela ne fait guère de doutes, sera un grand cru. Darren Aronofsky, dont le récent Noé a coulé corps et biens, lancera le bal des grandes productions prestigieuses le 15 septembre avec Mother, un thriller psychologique d’horreur dans la lignée de son remarquable Black Swan. À l’écran : Jennifer Lawrence, Javier Bardem, Ed Harris et Michelle Pfeiffer. La bande-annonce est glaçante, quoique un brin tapageuse.

Le 22 septembre, Jake Gyllenhaal apparaîtra sur les grands écrans du Québec dans la peau de Jeff Bauman, un citoyen de Boston ayant perdu ses deux jambes lors de l’attentat du marathon de 2013. Les premiers échos du Festival de Toronto, où le film a été lancé en grande première, promettent déjà l’oscar à la vedette de Stronger. On espère très fort qu’ils ont raison !

Le 6 octobre, place à l’un des films les plus attendus de l’année avec Blade Runner 2049 du réalisateur québécois et nouveau chouchou d’Hollywood Denis Villeneuve. Ryan Gosling et Jared Leto se joignent à Harrison Ford dans cette suite du classique de Ridley Scott. La marche est haute, mais Villeneuve a fait merveille avec L’Arrivée, autre drame de science-fiction, plus tôt l’année dernière : c’est dire à quel point les attentes sont élevées !

Le 27 octobre, la nouvelle offrande du Grec Yorgos Lanthimos, La mise à mort du cerf sacré, prendra l’affiche au Québec. Pour l’occasion, le génial réalisateur refait équipe avec Colin Farrell, la sensation du renversant The Lobster, son précédent long-métrage. Farrell, qui semble définitivement avoir laissé derrière lui son casting de bellâtre, interprète cette fois un brillant chirurgien dont la vie familiale sera rongée jusqu’au drame par son jeune protégé. Nicole Kidman est aussi de la distribution de ce drame psychologique dérangeant, meilleur scénario à Cannes cette année.

Après le sublime et bouleversant Frantz l’hiver dernier, le sulfureux réalisateur français François Ozon (Jeune et jolie, Dans la maison) sera de retour sur nos écrans le 17 novembre. Avec L’amant double, il livre un thriller érotique tragiquement tordu  mettant en vedette Marine Vacht en jeune patiente fragile qui entretient une relation amoureuse – très – malsaine avec son psy (Jérémie Renier). La critique française s’est déchirée autour du film, reparti bredouille de Cannes.

Enfin, le 8 décembre, le tout nouveau conte fantastique du Mexicain Guillermo del Toro prendra d’assaut les salles sombres des cinémas d’Amérique du Nord. Dans The Shape of Water, le réalisateur met en scène l’idylle entre l’employée sourde et muette d’un laboratoire et la créature amphibienne qu’on y étudie. Campé en pleine Guerre froide, le long-métrage semble réunir tous les ingrédients qui avaient fait de l’inoubliable Labyrinthe de Pan un formidable succès et vient tout juste de remporter le lion d’or à la Mostra de Venise. Sally Hawkins, Michael Shannon, Octavia Spencer et Michael Stuhlbarg forment le noyau d’une distribution cinq étoiles. Bref : vivement l’hiver !