Bestove
Navet confit
La Meute

Bestove, voilà un nom tout à propos pour un nouvel album qui n’en est pas un. Il s’agit plutôt d’une compilation des trois derniers (LP4 — La vérité sur Noël, LP5 — Thérapie et LP6 — Au moins, quelques personnes et/ou compagnies et/ou médias prennent encore le risque de promouvoir la diversité dans l’industrie de la musique au Québec en 2013 [ou « si je vends pas plus que 500 copies, j’arrête de faire de la musique »]) de Navet Confit, tous lancés en même temps il y a de cela une semaine au Divan Orange à Montréal. Bonne nouvelle donc, pour ceux qui veulent découvrir ce projet musical déjanté, il y a déjà une sélection de prête.

D’entrée de jeu, la pièce La vraie Vie donne le ton avec des sonorités rock planantes qui ne vont pas sans rappeler des projets comme Galaxie ou même Arcade Fire. Dès le deuxième titre, on comprend mieux l’univers de l’artiste avec la chanson Louis-Josée Houde qui vient sans contredit remettre en question le vedettariat québécois. Cela dit, le tout s’opère avec une certaine légèreté et le propos « engagé » s’oublie vite. Après tout,  Jean-Philippe Fréchette (Navet Confit) se décrit lui-même comme créateur d’« odes à l’insignifiance depuis une dizaine d’années en donnant une importance démesurée au futile sur des musiques oscillant entre la lourdeur légère et la légèreté lourde. »

S’ensuivent plusieurs pièces rock/pop aux arrangements électros (Parle, À qui je parle, Quand on sera mort) et une chanson un peu plus corrosive, Une boîte dans une boîte, qui vient nous rappeler que Bestove est une compilation et que les styles qu’explore Navet Confit varient beaucoup. À l’autre extrême, Ramper (j’ai parlé aux murs longtemps/ mais ils n’ont pas d’oreilles pour moi/ pourtant, j’avais cru voir une fissure dans le ciment) et J’ai envie de te ___ mais je t’___ encore (t’es tombé en amour avec ton téléphone/ ensuite tu m’as jeté d’une façon plutôt conne/ j’ai voulu t’en parler mais toi tu t’évapores/ j’ai envie de te tuer mais je t’aime encore) sont de très belles balades dotées d’une poésie sensible. Comme quoi Navet confit aime bien raconter, mais aussi articuler ses textes pour les mener à un niveau supérieur.

Cela faisait quatre ans que l’on n’avait pas entendu parler de Navet Confit, du moins pas pour un nouveau projet, et voilà qu’il nous en balance trois d’un coup. Cela ne nous empêche toutefois pas de dévorer Bestove d’un seul coup, comme si on voulait découvrir la suite d’une énigme musicale bien ficelée et certainement sur la coche.

 3/5