Aujourd’hui, 18 mars 2014, Radio Radio nous amène un printemps avant le temps. Un sillon cohérent dans ses thématiques et frénétique dans son carcan. Une sorte de jungle en cage.

On prévoit donc une saison dansante avec des précipitations de tambours synthétiques venues principalement des clubs et autres savanes urbaines. Un gros soleil scintillant que ce Ej Feel Zoo, avec entre autres 50 shades of Beige.

L’attention accordée à l’uniformité des douze pistes donne un album qui se tient bien d’une part, mais qui peut s’essouffler sur une courte distance. À travers la récurrence des thèmes musicaux et des paroles, qui naturellement se relient tous au concept du party animal, Radio Radio mise sur des valeurs sûres. Tel qu’on le conseille dans le grand guide des musiques dansantes universelles, on répète des mots accrocheurs sur des basses lourdes, une cadence entraînante, entourée de mélodies tout aussi répétitives et intéressantes. Rien de nouveau pour les radios.

Ceci dit, souvent ces valeurs assurées s’avèrent nécessaires, dans l’optique où on veut se permettre certaines décisions stylistiques sans compromettre l’accessibilité de son œuvre. Un genre d’équilibre; une balance qui suspend subtile audace à gauche et familiarité confortable à droite.

Dans le « confortable », Radio Radio continue de mettre de l’avant des mots et expressions de son patelin, sonnant exotiques à nos oreilles. On explore aussi une dimension plus facile d’approche, bien que souvent critiquée : la musique électronique dansante. On peut supposer que Radio Radio exploite un terrain prudent (celui déjà connu) et tente d’en retirer une complexité, en superposant de nombreuses couches mélodiques.

Une pièce comme Boomerang risque de jouer fort dans les bars pour son caractère répétitif et sa linéarité assez simple. Son originalité n’en est pas moindre, mais elle symbolise ce qui, dans l’ensemble de l’œuvre, peut essouffler l’auditeur. Elle peut représenter l’utilisation excessive du concept party animal.

Bien sûr que l’absence d’un membre sur ce disque s’entend, mais elle n’est toutefois que vocale. Alexandre Arthur Comeau Bilodeau signe quand même la production et l’écriture d’Ej Feel Zoo, avec ses deux ex-collègues. Ce qui explique peut-être que, malgré l’amputation d’un membre, on ne sent aucun bouleversement identitaire.

On se rappelle alors de la différence entre le premier album et le deuxième, marquée par le départ de Timo. C’est à se demander maintenant qui sera le dernier et unique membre de Radio Radio (clin d’œil).

3/5  Sébastien Blondeau