Une comédie romantique convenue dans un décor de cour d’assises

L-HERMINE_120Sorti en salle l’an dernier en France et le 11 mars au Québec, le film L’Hermine de Christian Vincent, réalisateur entre autres des Saveurs du palais (2012) et de Quatre étoiles (2006), a fait parler de lui dans divers festivals du cinéma, notamment à la Mostra de Venise et aux Césars.

Le scénario de L’Hermine, comédie dramatico-romantique, est un assemblage de deux trames narratives assez simples. D’une part, le spectateur suit la représentation d’un procès devant jurés à forte teneur didactique : on y fait une large part aux discours sur le fonctionnement de la justice et de ses enjeux. D’autre part, le film met en scène une histoire plus personnelle, où un président de cour d’assises vieillissant, irascible et vivant une rupture, Michel Racine (Fabrice Luchini), s’adoucit lorsqu’il retrouve parmi les jurés une de ses anciennes passions sans suite (Sidse Babett Knudsen).

Le film laisse une impression de superficialité. Les scènes de procès sont gorgées de clichés sociaux éculés sur la jeunesse, les classes sociales défavorisées, les habitants de province et les immigrants. Ces scènes servent surtout, semble-t-il, de support à la trame plus faible de la comédie romantique qui pourtant se voudrait porteuse d’une émotion plus forte.

Le procès, en effet, reste sans réponse réelle et un discours sur « la justice cherchant à justifier la loi et non à trouver la vérité » vient à la rescousse du dénouement bâclé de cette partie du film. Quant à la trame de la romance, celle-ci semble n’être qu’une adaptation française d’une comédie romantique américaine des plus génériques, transposée dans des personnages vieillissants où certains pourront y trouver leur compte d’émotions, d’autres non. Le scénario reste trop prévisible, voire cliché à outrance.

Sur le plan formel toutefois quelques bons points sont à signaler. La faible profondeur de champ et les (trop ?) nombreux gros plans créent une proximité émotionnelle avec les personnages, effet qui semble recherché par le réalisateur. De même, la luminosité et parfois la surexposition de l’image, qui tire vers des blancs vifs, soutiennent bien l’histoire de rédemption et d’adoucissement du personnage de Michel Racine.

Au final, si le jeu d’acteur est efficace, la surabondance des clichés narratifs propres au genre de la comédie romantique, de même que l’exposition des stéréotypes sociaux habituels nuisent à l’intérêt que l’on pourrait porter au film. Certains spectateurs en quête d’une histoire simple et optimiste et d’un humour facile pourront y trouver leur compte, les autres passeront leur tour.

L’Hermine, de Christian Vincent

Avec Fabrice Luchini et Sidse Babett Knudsen

2,5/5

En salles depuis le 11 mars