Le désormais quatuor a décidé de modifier un tantinet sa proposition musicale en présentant des chansons plus rythmées, plus pop, avec des textes souvent trop abondants et maladroits. S’il est exagéré de parler de retour aux sources, on peut cependant noter quelques ressemblances entre ce nouveau cru et les premiers essais brouillons du groupe, au tournant des années 2000 : une mauvaise nouvelle pour les fans acquis en cours de route, qui étaient bien heureux de constater l’évolution du groupe au fil des albums.

Que du vent comporte ainsi des chansons tout sauf mémorables, dénuées d’une charge sociale aussi intense que les titres de La grand-messe par exemple. Ce sentiment d’urgence – doit-on même parler de précipitation ? – laisse peu de place à la subtilité, et l’on s’interroge sur le premier niveau de certains textes, en espérant qu’il y en ait un deuxième.

Heureusement, ce nouvel album est sauvé par quelques chansons qui sortent du lot par leur force émotive et évocatrice. C’est notamment le cas de l’étonnante « Shooters », sur laquelle deux Charbonniers de l’enfer sont venus prêter leur voix. Mais les coups de cœur reviennent à « Comme Joe Dassin » et « On tient l’coup », deux petits bijoux où les Cowboys Fringants exécutent ce qu’ils font de mieux : des textes simples mais efficaces et sincères, sur des musiques à la fois joyeuses et un peu tristes. C’est dans cette voie de tendresse, où ils ont prouvé qu’ils étaient ô combien efficaces, que les Cowboys Fringants devraient revenir, et non dans ce travail bâclé qui finira par les perdre définitivement.

2.5/5