Le premier empereur de Montréal 

Pierre Kwenders brasse la musique africaine aux rythmes de la musique actuelle de Montréal dans une succulente soupe multiculturelle qui nous fait dire : « Ça c’est le son de Montréal ». L’artiste offre sur son premier opus, Le Dernier Empereur Bantou, une musique riche en inspirations. D’emblée inclassable, la musique de PK ne peut être décrite que par l’addition de styles. Résolument pop, Kwenders verse dans l’électro et le hip-hop. Le tout est porté par la musique traditionnelle congolaise.

La voix du Montréalais d’adoption se marie particulièrement bien aux beats recherchés qui sauront grandement plaire aux amateurs de musique électro. L’influence hip-hop se fait aussi sentir, en particulier sur la piste Mami Wata réalisée avec la participation du groupe The Posterz

Son style, parfois considéré comme du World 2.0, s’éloigne toutefois de la musique world traditionnelle et c’est pour le mieux. L’artiste ancre son bagage identitaire dans une musique électronique soignée et moderne.

Le jeune artiste s’est fait découvrir par Nom de Plume, un ancien de Radio RadioOn le sent d’ailleurs par l’attachement de Kwenders aux garçons du groupe acadien. Un attachement qui se voit par la participation de membres de Radio Radio à quelques pistes de l’album. Une participation qui aurait pu être intéressante, mais qui se marie mal à la trame de l’album. Le band acadien veut aider l’immense talent de Pierre Kwenders à s’épanouir, mais leurs styles diffèrent trop pour que la collaboration soit réellement harmonieuse.

La recherche du mélange des styles, réussie sur la majorité des pistes, perd toutefois de son charme sur quelques unes d’entre elles. La tentative de jouer avec la musique traditionnelle amérindienne sur la piste Ani Kuni par exemple, nous rappelle que cette chanson est traditionnellement exécrable alors que le but devait être de célébrer la musique traditionnelle.

Pierre Kwenders réussit son pari de faire danser la foule avec sa douce voix. L’album inspire par son authenticité et son unicité. Il n’y en n’a pas deux comme Pierre Kwenders, ce qui fait croire qu’il réussira probablement facilement à faire sa place sur la scène musicale québécoise. Il contribue à sa manière à forger le son de Montréal.

4/5