Trop peu de gens savent que Tristan Malavoy, rédacteur en chef et chroniqueur littéraire du Voir Montréal, est auteur-compositeur-interprète. Et pourtant, son premier album Carnets d’apesanteur, paru en 2006, avait su rallier bon nombre de critiques et d’amateurs de prose recherchée. Cette fois-ci, celui qui manie aussi bien l’écriture que l’art oratoire nous revient avec Les éléments, ensemble de douze morceaux aux rythmes tempérés, mais soutenus par des textes puissants.

N’écoute pas Malavoy celui qui recherche la performance vocale à tout casser, car c’est avant tout un voyage dans les méandres de la réflexion et de l’ambiance qui nous est proposé. On y savoure des lignes délicieusement rédigées, d’une richesse qu’il nous est rarement donné d’entendre. Le résultat est éloquent. Si les mots de Trois pas  donnent dans la traditionnelle nostalgie résultant de la séparation, ceux de Un siècle comme les autres, appellent à une prise de conscience collective de l’état de notre quotidien et des efforts faits pour l’améliorer. On adore la douceur simplement planante de Aéronef et le récit du marchand de journaux au centre de Une vie nouvelle, où les belles images se succèdent. Mention spéciale à Voyons voir, collage de deux poèmes de feu Roland Giguère, et à la poésie de la pièce-titre.

Musicalement, Les éléments donne principalement dans la pop organique, celle des guitares et des percussions effacées, quoiqu’alimentées ici et là par quelques notes de basse et de piano. La réalisation d’Alexis Martin et de Jean-François Leclerc est sans faille et la constante présence vocale d’Amylie accompagne parfaitement Tristan Malavoy, ce fier maître de la plume pour qui la musique, bien plus qu’un simple outil, est avant tout un moyen d’expression.

4/5

Émilie Rochette