La Pantoum récidive, signe et persiste à nous servir sur un plateau d’argent des soirées mémorables de qualité. À l’affiche jeudi dernier : Organ Mood et Millimetrik, au plus grand bonheur de ceux qui cherchaient une occasion de se changer les idées en commençant la fin de semaine avec originalité.

Hugo Lafleur

Courtoisie - Marion DesjardinsEn première partie, Organ Mood, expérience multi-sensorielle intégrant projection sur transparents superposés agencés avec le travail de synthétiseur de Christophe. La symbiose entre son et image est assurée par un logiciel qui ouvre et ferme les quatre rétroprojecteurs, utilisés par Mathieu comme quatre surfaces de travail sur lesquelles il peut combiner, juxtaposer et superposer des transparents qu’il déplace et modifie en temps réel. De la même manière, Christophe fait la même chose avec les sons, qui sont constitués d’un panorama d’éléments sonores, comme des motifs mélodiques simples, répétés en loops, qui s’entrelacent pour former une nappe de son à l’ambiance très dense. Le public était en grande partie assis pour mieux baigner dans la lumière et le son. Le groupe a pu intégrer le public en lui fournissant des instruments à archet composés d’une latte de bois fixée sur une planche, le tout amplifié par un micro piézoélectrique qui vient chercher une palette très large de fréquences et de sons.

Le duo est formé de Christophe qui composait déjà avec son orgue et Mathieu, bien impliqué dans les arts visuels comme la sérigraphie et la lithographie. Leur groupe accomplit leur désir de créer une expérience qui unit l’art visuel, souvent très intellectuel, et la musique, plus populaire. Leur projet voulait aussi créer des univers immersifs, dans une symbiose utopique avec le public. Après plusieurs essais, le côté naturel du rétroprojecteur était un pendant intéressant aux aspects analogiques de la musique électronique. Leurs pièces ne sont pas composées dans le sens traditionnel de la musique, mais sont plutôt des regroupements de concepts, de sections musicales, de transparents spécifiques, même si la formule laisse place à beaucoup de souplesse et de renouvèlement dans chaque spectacle. Ils se placent eux-mêmes à la fine frontière de l’accessibilité avec le public et l’art sans compromis. Le groupe se dit dans une phase de renouvèlement, de recherche de nouvelles manières d’intégrer le public pour améliorer la symbiose utopique qu’ils recherchent avec lui.

En deuxième partie, Millimetrik nous servait son hip-hop électronique à l’instrumentation costaude, avec présence de rappeurs pour quelques pièces, histoire de réchauffer une ambiance déjà survoltée.

On peut encore mentionner le travail de qualité de l’équipe du Pantoum et l’originalité culinaire du menu, venant ajouter un élément à la confusion et au plaisir des sens. Pour expliquer plus clairement : au comptoir sont servis des variétés de grilled cheese aux ingrédients assez loufoques. Mis à part le grilled cheese traditionnel, j’ai pu goûter vendredi dernier le Oulalacheese, avec salsa. Les sortes varient selon les saisons et l’excentricité de l’équipe culinaire. Tout peut finir comme assaisonnement, même des canneberges ou du spaghetti.

Entendu au Pantoum vendredi dernier : « Pourquoi ne suis-je pas plus souvent au Pantoum? »

Et vous, pourquoi?