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Pour ouvrir sa saison 2017-2018, la Rotonde nous offrait lundi dernier Triptyque cryptique, une présentation des productions Fila 13, du collectif XYZ et de Le Fils d’Adrien Danse. Trois tableaux, six interprètes et un musicien, tous chorégraphiés par la Colombienne établie à Montréal, Lina Cruz.

Dans la salle noire de la Maison pour la danse, les interprètes Harold Rhéaume et Lydia Wagerer percent l’obscurité et détruisent le calme des verres de vin bus en silence. La lumière est la première à faire irruption sur scène par des installations de lampes de construction. Les artistes rythment l’espace visuel avec des lampes frontales haletantes, tantôt utilisées comme simple éclairage de scène et tantôt comme phare, guidant l’attention des spectateurs. Le décor pour la prestation restera sobre; les géométries des rayons lumineux se combinent à un simple mobile accroché en hauteur et à un cube de bois, qui sera manipulé par les interprètes. Tunnel #3, premier duo de la soirée, rappelle les lumières des trains, des voitures nocturnes, des rues sombres, toujours avec une forte touche humaine et un sens du rythme fort, malgré une musique souvent absente. D’ailleurs, c’est dans cette absence que les voix fragiles des artistes ont pu retentir, une surprise bien accueillie qui reviendra dans les trois performances.

Tempo Al Dente, un duo féminin interprété par Raphaëlle Fougères et Geneviève Robitaille, est sans doute le haut point thématique de la soirée. Une sorte de jeu temporel, où les danseuses répètent en absolu synchronisme leur volonté d’arrêter et de manipuler le temps. Les voix deviennent un élément de rythme presque théâtral, particulièrement au moment où les artistes exclament leur plaisir de manger des pâtes dans le mécanisme d’une horloge (qui indique 11h30, si cela vous intéressait). Ces éléments d’absurdité, qui vont jusqu’à tirer quelques rires à la foule, sont particulièrement bien intégrés à la chorégraphie et restent toujours naturels dans l’univers de Lina Cruz. Bien que les voix, autant dans cette performance que dans Tunnel #3, soient un élément fort, l’intégration musicale est par moments maladroite. On sent la musique de Philippe Noireaut isolée dans son univers, peu interactive avec les mouvements sur scène et parfois peut-être un peu trop conventionnelle par rapport à l’humour et au jeu des danseuses.

Une nuit blanche déjantée

Par contre, l’intégration musicale devient un élément fort lors de la troisième prestation, celle de Fabien Piché et Jean-François Duke. On y voit Philippe Noireaut, sur scène cette fois, répondre aux danseurs par des percussions créatives et des envolées de piano mi-tonales. L’interactivité qui manquait aux deux autres performances vient compléter un univers mécanique complètement déjanté et contrôlé. Les deux danseurs offrent sans aucun doute la performance la plus solide de la soirée. En attendant la nuit blanche, la seule danse de la soirée ayant déjà été présentée devant public, et d’ailleurs récipiendaire du prix Dora Mavor Moore, est une exploration complexe des corps des danseurs. L’absence presque totale de décor laisse une place de choix aux interprètes et au musicien, qui cognent sur les murs, le plancher et créent véritablement une musique venant envelopper leurs mouvements. Le tout donne un accord visuel et sonore complet et riche.

Encore marquée par l’utilisation du chant, cette troisième pièce vient circonscrire l’univers de Liza Cruz et en quelque sorte expliquer les choix esthétiques, parfois osés ou difficilement compréhensibles, faits tout au long du spectacle. À la sortie, on admire la cohérence des trois pièces, mais aussi la richesse donnée par la variété d’interprétation des six artistes (sept, en comptant M. Noireaut) présents sur scène.

Malgré quelques lacunes, la soirée va en se complexifiant et en devenant de plus en plus réussie, jusqu’à ne plus vouloir qu’elle se termine.

Triptyque cryptique est encore présenté du 17 au 20 octobre, la soirée du 18 octobre offrant aussi une discussion avec les artistes. La saison 2017-2018 de La Rotonde se poursuit quant à elle le 22 octobre avec Lettre pour Éléna d’Érika Tremblay-Roy et Christophe Garcia.


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