«Si Gaston Miron avait enregistré des disques, ce serait dans un style folk américain», dit Gilles Bélanger, grand admirateur du poète. C’est donc cette voie qu’il a suivie pour 12 Hommes rapaillés, basé sur l’œuvre de Miron, un album vendu en deux volumes et enregistré avec 11 autres musiciens, dont Michel Rivard et Vincent Vallières. Il en tire un son parfois folk, parfois country, dans un style rappelant Bob Dylan.

Gilles Bélanger a découvert la poésie de Gaston Miron durant les années 1970. «C’est là que j’ai découvert qu’il y avait autre chose que les poètes français. C’est à ce moment que je me suis rendu compte de l’âme et de la saveur particulière de la poésie québécoise», se souvient-il. «Elle parle de nous, du terroir, du Québec».

Chansonnier dans l’âme, Gilles Bélanger a joué du folk presque toute sa vie, mais jamais il n’avait composé ses propres mélodies. En novembre 1998, sa manière de voir la musique change avec un coup de fil de la chanteuse Chloé Sainte-Marie et de la poétesse Denise Boucher. «Elles voulaient que je compose quelque chose qui pourrait accompagner certains poèmes de Miron», raconte-t-il. Depuis cette séance, il s’est mis à créer des mélodies parfaitement fignolées, d’une douceur impeccable. En le voyant sur scène, il faut se demander comment un son si berçant peut émaner d’un objet aussi simple qu’une guitare acoustique. Il lui arrive bien souvent aussi de substituer la guitare pour l’accordéon ou pour l’harmonica.

Une grande prestation
Au Théâtre Petit Champlain, la voix de Gilles Bélanger était d’une douceur impeccable. Sa guitare rythmique faisait paire avec les quelques solos d’Yves Savard. Le public semblait connaître toute l’œuvre de Gaston Miron tellement il était enjoué.

Parmi les morceaux favoris figurait la très jolie balade «Je t’écris pour te dire que je t’aime», qui montrait tout le talent de Gilles Bélanger pour transformer poèmes en musique. Ce poème, Bélanger lui avait donné ses mélodies en novembre 1998 avec Chloé Sainte-Marie, Denise Boucher et sa conjointe. «On l’a tous chanté ensemble, c’était la grande joie», se souvient-il. Aussi à mentionner, «Retour à nulle part», que Miron avait été écrit au lendemain du référendum de 1980. Sur scène, Gilles Bélanger l’a chanté en solo d’un ton des plus patriotiques.

À Paris en 2011?
L’année 2011 fêtera le quinzième anniversaire de la mort de Gaston Miron, coïncidant avec le 50e anniversaire de la Délégation générale du Québec à Paris, dont la bibliothèque porte le nom du poète québécois. Gilles Bélanger rêve donc d’aller chanter en son honneur. «Si on chante pour commémorer la mort d’un grand poète, pourquoi pas via la voix des artistes québécois?», une déclaration que le public du Théâtre Petit Champlain a nourri d’applaudissements.

En attendant, Gilles Bélanger compte partir en tournée cet été avec les onze autres «hommes rapaillés». Il sera aussi de passage le 18 mars prochain à L’Anglicane de Lévis.