Pour ouvrir ce 14e Carrefour international de théâtre, festival incontournable et de plus en plus important, les organisateurs ont eu la bonne idée de reprogrammer Icaro. 

Cyril Schreiber 

@AndreaLopezPrésentée pour la première fois en 1996 à Québec, la pièce de Daniele Finzi Pasca a été jouée, depuis sa création en 1991, sur plusieurs continents et dans plus de quinze pays, et ce en six langues – c’est euphémique de dire que Finzi Pasca maîtrise bien son bébé. Pourtant, Icaro relève à chaque soir, et cette première ne fit pas exception à la règle, de l’acrobatie, puisque Finzi Pasca y joue un malade qui accueille dans sa chambre d’hôpital un nouveau compagnon. Ce compagnon, c’est un spectateur, choisi au hasard dans la salle, qui prendra part intégrante au spectacle. L’heureux élu, Dominique en ce 21 mai, a rempli du mieux qu’il pouvait sa mission, encadré tout de même dans un contexte dramatique, celui, pour les deux protagonistes, de s’évader de l’hôpital en volant.

Daniele Finzi Pasca fait du « théâtre de la caresse » : il donne de la joie aux spectateurs, du bonheur, mais aussi de l’espoir et du courage grâce au pouvoir du rêve et de l’imagination. Mièvre ? Heureusement non, puisque le récit évite tout pathos en s’ancrant dans l’humour et dans ce réel où le public, via ce spectateur, est un peu acteur.

Icaro joue à la fois sur le plan physique – il faut voir son concepteur italien s’embourber  dans ses moustiquaires, impossible de ne pas rire – et sur le plan des sentiments. Ici, le rire prédomine, même si une certaine tristesse n’est jamais loin. Si les scènes émotionnelles le sont grâce notamment à la magnifique musique de Maria Bonzanigo, on regrettera cependant que le jeu de Finzi Pasca soit moins convaincant que dans les moments comiques, et ce en raison de son faible volume sonore – les dernières rangées du Grand Théâtre peuvent en témoigner. Dommage, car l’émotion aurait été sinon encore plus intense.

Théâtre dénudé, sans filets, où le jeu côtoie l’improvisation et l’art du clown, Icaro est tout à fait charmant bien qu’imparfait, non dénué de quelques longueurs mais qui mérite en tout cas tout le succès qu’il remporte, malgré tous les petits défauts somme toute mineurs. Au tour de Québec de (re)tomber sous le charme.

Quoi ? Icaro
Qui ? Texte et mise en scène : Daniel Finzi Pasca
Où ? Salle Octave-Crémazie du Grand Théâtre de Québec
Quand ? Jusqu’au samedi 25 mai