Toutes deux à la toute fin de leur Baccalauréat en arts plastiques, Alexandra et Hélène ont fait connaissance l’an dernier, alors que leurs ateliers étaient côte à côte. Elles se sont rendues compte qu’il y avait une parenté dans leur travail, surtout par rapport au corps humain et à la représentation de la féminité. «Quand tu es intéressé par le travail d’un autre, c’est à savoir si l’autre est également intéressé», souligne Hélène Pélissier, qui dit ne pas avoir été aussi sensibilisée par les œuvres de ses autres collègues. Cette sensibilité s’est heureusement avérée réciproque de la part d’Alexandra. Elles ont donc fait parvenir leur dossier au Bureau de la vie étudiante (BVE), qui a accordé aux deux artistes une période d’exposition du 4 au 15 octobre.

Même si elles ont décidé de collaborer dans le cadre de Lâchez tout, Hélène Pélissier et Alexandra Cantin-Martineau ne pratiquent pas le même art.

Hélène réalise principalement des dessins et des estampes. Les arts plastiques l’ont interpellée tardivement dans son cheminement d’étudiante, puisque qu’avant de s’investir en tant qu’artiste, celle-ci s’enlignait pour devenir avocate. Elle appréciait le droit, mais le rythme de la pratique ne lui convenait pas. Elle estime toutefois que les notions acquises en la matière lui servent beaucoup, surtout en ce qui concerne la Galerie Tzara, qu’elle a mise sur pied en janvier 2009 avec un groupe d’étudiants en arts visuels. «On a décidé de fonder un organisme à but non lucratif qui prendrait la place de la Galerie Rouje et qui encouragerait les artistes de la relève», explique Hélène Pélissier. «Maintenant, on a 200 membres, un conseil d’administration et un comité de sélection. Ça va super bien, on a réussi à se faire une niche en arts visuels, ce qui n’est vraiment pas évident.»

Pour sa part, avant d’entrer à l’Université, Alexandra Cantin-Martineau faisait des études en cinéma. Elle a elle aussi constaté que cette branche lui plaisait plus ou moins. «Ce que je n’aimais pas dans le cinéma, c’était de tourner un film au complet. Ce ne sont que certains aspects qui m’intéressaient», raconte Alexandra, qui s’est investie en tant que photographe à son arrivée au Baccalauréat. «Par la photographie, je pouvais réaliser seulement les plans que j’aimais», a ajouté l’artiste, qui préfère largement travailler en solo avec son appareil que collaborer en groupe à la réalisation d’un film.

Selon les deux artistes, le fruit de leur collaboration est une prémisse à la continuité de leurs projets respectifs. Les six photos actuellement exposée sont «extrêmement nouvelles» dans le travail d’Alexandra. «C’est bien de les exposer en début de parcours, puisque les commentaires des visiteurs vont nourrir cette continuité et emmener le projet vraiment plus loin», prévoit la photographe. Quant à Hélène Pélissier, elle souhaite faire évoluer ses œuvres sur les corbeaux, exposées dans le cadre de Lâchez tout. «Je veux préparer un dossier plus étoffé, documenter mon travail, et le présenter à Montréal ou à Toronto», a-t-elle laissé savoir.